Les Enfants du Servette


Servette-YB : Brechbühl blesse Pfister by Germinal Walaschek
4 août 2012, 11:00
Filed under: Chroniques partenaires, Un peu d'histoire...

Un titre national se joue souvent a peu de choses : une blessure, une erreur individuelle, une faute d’arbitrage… Un soir de juin, en battant une très rugueuse équipe des Young Boys 4:1 aux Charmilles, les Grenats ont peut-être perdu le titre après lequel ils courraient depuis plus de 15 ans.

La carapace bernoise

Dans la seconde moitié des années 1970, affronter Young Boys n’était jamais une partie de plaisir : recroquevillée en défense, rugueuse voire brutale, la formation bernoise distillait alors un football pâteux et dangereux. Face à ce hérisson noir et jaune provocateur, il faudra bien des ressources aux Servettiens pour obtenir un succès largement mérité. Il sera toutefois long à se dessiner : certes, un Martin Chivers des grands soirs avait ouvert le score très tôt et le jeu servettien, magnifiquement orchestré par Didi Andrey au milieu de terrain, débouchait sur de nombreuses occasions mais à la demi-heure de jeu Jakob Brechbühl blessait l’attaquant servettien Joko Pfister. Un peu de flottement saisit alors Servette et les Bernois égalisent illico. Par la suite, YB ne recule devant rien pour se défendre et malgré leur supériorité, les Servettiens peinent à trouver la faille, jusqu’à ce que Barriquand (entré pour Pfister) marque à 8 minutes du terme. Chivers sur pénalty puis Barberis salaient encore l’addition. La morale était sauve. Profitant d’un faux pas de Bâle à Neuchâtel (0:0), les Grenats revenaient à la hauteur des Rhénans en tête du championnat à la faveur de cette victoire acquise dans la douleur. Pourtant, l’absence prévisible de Pfister pour les rencontres suivantes inquiète dans les chaumières grenat car Joko et Servette c’est déjà une sacrée histoire…

Pfister et Brechbuehl (finale de la coupe 1978)

Joggu devient Joko

Né le 4 mai 1951, Hans-Jörg Pfister a grandi avec le football : son père n’était-il pas gardien du stade biennois de la Gürzelen ? C’est aussi logiquement avec les Biennois que Pfister fait ses premiers pas de footballeur de haut niveau. Il rejoint Servette à l’été 1972 alors que l’entraîneur allemand Sundermann s’efforce de reconstruire une équipe avec des jeunes de talent. Au passage, son surnom alémanique « Joggu » est francisé en « Joko ». Avec 10 buts à son actif (meilleur buteur servettien), il se met en évidence dès sa première saison durant laquelle il côtoye un attaquant qui le marquera beaucoup :Bernd Dörfel. Il fait ses débuts avec la Nati en novembre 1973 sous la direction de René Hussy. Encore plus incisif lors de sa seconde saison aux Charmilles, Pfister joue un rôle prépondérant dans la qualification des Grenats pour la Coupe de l’UEFA. La troisième saison est plus laborieuse : Pfister, devenu un pilier de la Nati, s’est fait un nom et les défenseurs ne le ratent pas, par ailleurs, il est en délicatesse avec la direction servettienne pour des raisons salariales. Servette finit septième. Par la suite, suite à un recrutement ambitieux, retrouvera des couleurs en championnat lors de la saison 1975-1976 (second). Et nous voici à la saison de notre match contre YB. Joko peut d’ailleurs se consacrer corps et âme à Servette : une sortie nocturne non-autorisée en compagnie de Köbi Kuhn lors d’un déplacement à Oslo en septembre 1976 lui a en effet valu une suspension de trois ans avec la Nati…

Joko Pfister : de la vivacité et de la puissance au service de l’attaque servetienne

L’absence de Pfister

Pour le match suivant, le SFC doit donc se passer de son grand blond. Une absence cruellement ressentie et une lourde défaite 4:0 contre le FC Zurich au Letzigrund. Pfister a incontestablement manqué, il sait créer des espaces et de par sa mobilité mobiliser toute une défense. Sans lui, Servette est moins saignant, Pazmandy espère son retour pour le grand match contre Bâle agendé une semaine plus tard aux Charmilles. Pfister, bien que diminué, est effectivement aligné. Il participe à la belle triangulation avec Barberis et Andrey qui permet d’ouvrir le score. Le SFC l’emporte sur de coriaces Bâlois et avec deux longueurs d’avance sur Zurich et Bâle à deux journées de la fin du championnat, les Grenats peuvent voir la vie en rose. Les Grenats, décidément empruntés à l’extérieur, balbutient alors leur football à la Maladière et s’inclinent contre Xamax (4:2). Tout est à refaire, un protêt pour une curieuse scène de jeu ayant débouché sur l’ultime but neuchâtelois n’y changera rien. Sur leur pelouse fétiche des Charmilles où ils sont invaincus depuis trois ans en championnat, les Grenats disposent encore de GC grâce à un grand Martin Chivers, dans le même temps, Bâle assure l’essentiel à Berne, un match d’appui est nécessaire pour départager les deux équipes.

La finale du championnat

Le 28 juin 1977, 50 000 personnes se pressent au Wankdorf pour assister à l’ultime confrontation entre deux des géants du football suisse. L’opposition des styles promet beaucoup entre des Bâlois impressionnants de maîtrise collective et des Servettiens au football plus débridé et spectaculaire. Ce soir-là à Berne, Servette évolue avec prudence, Pfister est bien seul en pointe de l’attaque. Kudi Meller ouvre le score d’un but rageur pour les Servettiens. Profitant d’une sortie intempestive du gardien Karl Engel, Mundschin égalise peu après pour les Rhénans. Le drame se joue à la 55ème minute : Joko Pfister dribble la défense bâloise et part seul au but, il a le but au bout du titre au bout du soulier mais shoote lamentablement à côté, son genou avait lâché… Le jeune Von Wartburg donne ensuite le coup de grâce aux Servettiens.

Ce satané genou…

Il apparaît qu’une erreur de diagnostic explique cette subite défaillance du genou de celui qui sera néanmoins couronné meilleur footballeur de Suisse 1977 : alors qu’on lui avait assuré que c’était le ménisque qui était touché, ce sont en réalité les ligaments croisés qui étaient salement atteints. Le médecin qui constate les séquelles est alors persuadé que la carrière de l’infortuné Joko Pfister est ainsi arrivée à son terme. Pourtant, quelques mois plus tard, il rejouera, non plus en pointe de l’attaque, mais un peu en retrait, au milieu de terrain, dans un rôle de numéro 10, pour éviter au maximum les chocs. Il participera à la glorieuse saison 1978-1979 avant de partir à Grasshoppers, persuadé de ne plus pouvoir aller plus haut à Genève. Le transfert à l’étranger qui se dessinait avant sa blessure ne se concrétisera mais Pfister retrouvera son poste en équipe nationale, après avoir purgé sa suspension. L’occasion d’y recroiser, le temps de deux matchs, son bourreau Jakob Brechbühl qui y jouait ses derniers matchs avec la Nati…

Jacky Pasteur et Germinal Walascheck

La semaine prochaine : Trello, un des plus grands

Dernière chronique : le plus beau Lausanne-Servette

Nos amis des Maroons ont récemment réalisé une interview avec Joko Pfister :

http://www.biopartner.ch/maroons/inh6861.asp

Le magazine Coopération a également dressé son portrait il y a peu :

http://www.cooperation-online.ch/3408447#tab_3


7 Commentaires so far
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jocko voila l’attaquant qu’il nous faudrai cette saison.. quand a brechbuel voila un bel enc. de la trampe des ludi , des frere niggl, et bien d’autres qui ont pourris nos grenats , pendant ces belles annes 70 – 80… tous a la praille demain…

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Commentaire par grenats63

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