Servette est-il en danger avec Croix-de-Savoie?

Un club professionnel, donc forcément compétiteur, est en train de naitre dans la région avec l’Olympique Croix-de-Savoie 74. Les ambitions de ce club soutenu par la multinationale Danone et son nouveau directeur, l’ancien Directeur du Servette FC Patrick Trotignon, peuvent-ils mettre en danger les projets du Servette FC?

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Le foot régional (La France voisine devant être incluse dans la grande région Genevoise) n’a longtemps connu qu’un acteur, le Servette FC. Même si nos voisins Français n’ont jamais été des fanatiques du foot Suisse (Qui pourraient les blâmer avec le niveau de notre championnat ?), il n’en reste pas moins que toute compétition doit être prise au sérieux. Quelles sont les véritables risques encourus par Servette ?

D’où vient l’Olympique Croix-de-Savoie 74 ?
Ce club n’a aucun passé puisqu’il est né seulement il y a 2 ans, en 2007, par la fusion entre le FC Croix de Savoie (Gaillard) et l’Olympique Thonon Chablais. Certes le nom ne fait pas rêver (il y a mieux en terme marketing) mais il se base sur deux clubs au long passé (Thonon a déjà joué en Ligue 2 française 7 saisons). Son budget annuel de 3.5 Millions d’Euro (presque 5.5 Millions CHF) est déjà supérieur à celui du Servette FC alors qu’il ne joue qu’en National (1ere Ligue Française). Outre le soutien de noms prestigieux comme Zidane ou Lizarazu, l’Olympique a le soutien d’une véritable machine de guerre, le géant agro-alimentaire Danone. Fort d’un réseau immense et d’une capacité financière unique dans la région, combiné à un Directeur Général au grand talent, le club a des atouts de chocs pour grandir dans les prochaines années et gagner les rangs de la Ligue 2 Française.

Le danger Patrick Trotignon ?
Patrick Trotignon est sans aucun doute l’homme clé de la réussite de ce projet. Ce Berrichon pur souche a pris les reines du club de son cœur (Chateauroux) avec son ami Michel Denisot. Ils sont arrivés en 1989 alors que club évoluait en CFA et en 1991, la Berrichonne accédait à la Ligue 2 puis à la Ligue 1.  » J’ai adoré la première période durant laquelle il a fallu tout construire. Le club accédait au professionnalisme et j’occupais les fonctions de directeur sportif, administratif et commercial. » En 1997 il part en Suisse pour le Servette FC, à la demande de Denisot, à l’époque détenu par Canal Plus. Le Servette connaitra des moments de gloire avec notamment le dernier titre de champion de Suisse en 1999 et des parcours exceptionnels en UEFA avec 1/8e de finaliste de la Coupe d’Europe après l’élimination du Hertha Berlin et Saragosse. On se rappelera de nombreuses passes d’arme avec Muri et les bras de fer avec les intances du foot suisse. Le plus gros échec pour lui restera certainement la non qualification à la Champions League contre un petit adverse autrichien, Sturm Graz. En 2002 Trotignon revient à Chateauroux à la demande de son ami Michel Denisot car le club est au bord de la faillite. En juillet 2008 le club affiche un excédent de 2,4 millions d’euros! Il fallait un nouveau défi pour Patrick Trotignon et celui de Croix de Savoie lui va comme un gant!

Les spectateurs vont-ils choisir d’aller à Thonon plus qu’à la Praille ?
« Nous allons tenter de le (Croix-de-Savoie) recentrer dans le département, car il faut qu’il devienne un club régional. Il doit intéresser les Annéciens, les spectateurs du bassin genevois et du Pays de Gex comme ceux du Mont-Blanc et pourquoi pas de la proche Savoie ». Ceux qui ne voit pas de danger à l’arrivée de Croix-de-Savoie dans les affluences de Servette ne se trompent certainement pas aujourd’hui. Les quelques milliers de supporters « garnissant » la Praille sont principalement issus de Genève et sa proximité cantonale. Mais si on se projette dans le futur et le projet ambitieux de Mr Pishyar, il y a certainement un certain risque de ne pas attirer les amoureux du foot français qui auraient pu s’intéresser à un club performant jouant l’UEFA et pourquoi pas la Ligue des Champions. Le réservoir de public n’étant pas inextensible, on peut s’inquiéter de cette concurrence.

Les jeunes talents seront-ils plutôt attirés par un club formateur français ?
Oscar Londono, si certains l’ont certainement oublié, vient de Thonon. Si il y avait eu une structure professionnelle à la hauteur de son talent, Oscar aurait certainement pensé autrement son destin de footballeur et n’aurait probablement jamais transité par la Suisse et le Servette. La présence d’un centre de formation moderne associé à un nom aussi prestigieux que Danone et à un directeur comme Patrick Trotignon ne peut fatalement que diminuer les chances de Servette à récupérer des jeunes talents Français qui ont souvent fait le bonheur de notre club. Le budget moyen d’un club de Ligue 2 Français est équivalent au Budget des clubs les plus riches suisses soit environ 15 Millions de francs de suisse. Le RC Lens, leader de la Ligue 2 avec un budget de presque 40 millions de francs suisses, a un budget supérieur au FC Bâle, pourtant le club le plus fortuné au niveau suisse. Le budget prévu pour Servette en Super League devrait osciller entre 10 et 15 Millions de Francs Suisses si l’on compare avec les autres clubs romands (FC Sion et Neuchatel Xamax). Même si les charges sociales ne sont pas comparables, il y a sans nul doute un risque d’être plus pauvre que Croix de Savoie à moyen terme.

Les atouts de Servette
Il reste certainement un long chemin pour Croix de Savoie qui n’a pas d’histoire pour avoir la même aura que le Servette FC notamment auprès des clubs et joueurs étrangers. On sait que le choix des joueurs, surtout pour se relancer ou lancer leur carrière, est grandement influencé par le prestige du club. Néanmoins, les ambitions affichées de Mr Pishyar vont devoir prendre forme sans retard car ce projet concurrent change obligatoirement la donne en termes de délai. La holding 32 Group de Mr Pishyar connait le marché de la concurrence et la compétition. Mais comme nous vivons dans un monde où tout bouge vite, le Servette FC serait bien inspiré de prendre très au sérieux ses nouveaux compétiteurs et de mettre en place une structure d’accueil et de formation pour les jeunes à la hauteur de Genève ainsi qu’un club professionnel aux visions Européennes. Finalement, cette histoire a au moins le mérite de mettre la balle dans le camp Pishyar !

Par Oscar Obradovic

2 réflexions sur « Servette est-il en danger avec Croix-de-Savoie? »

  1. Je tiens juste à apporter des précisions à une partie de cet article.
    « Le budget moyen d’un club de Ligue 2 Français est équivalent au Budget des clubs les plus riches suisses soit environ 15 Millions de francs de suisse. Le RC Lens, leader de la Ligue 2 avec un budget de presque 40 millions de francs suisses, a un budget supérieur au FC Bâle, pourtant le club le plus fortuné au niveau suisse. »
    Ceci est inexacte, car les clubs les plus riches de Suisse, les BSC Young Boys/2 et le FC Zürich/3 ont des budgets respectifs de 38 et 32 millions de Francs Suisse (CHF) … loin des 15 CHF annoncés. Je sais que cet article date de janvier 2009, cependant, les budgets des ceux deux clubs n’ont pas pu passer du simple au double en une année.
    De plus, le FC Bâle a, cette saison, tout comme la précédente, un budget avoisinant les 50 millions CHF, soit devant les 40 millions de CHF de Lens, qui, maintenant en L1, a effectivement dépassé Bâle, environ 65 millions CHF.

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