Un peu d’escroquerie…

L’article « L’incroyable histoire de la PME fantôme » du très bon PME Magazine n’a aucun lien avec le Servette FC (quoi que tout ce qui touche au FC Sion…), mais cela nous rappelle un passé pas si lointain du SFC : Courbettes, opportunistes, faux-culs, menteurs, escrocs, Len Smith, et j’en passe. Heureusement, « Magic » Pishyar est venu sonner à notre porte…

Que nous avons de la chance! Servette est aujourd’hui une affaire qui roule avec un avenir sérieux où la saison prochaine devrait être celle de toutes les ambitions. Servette, c’est un nom, un palmarès, mais aussi beaucoup d’arrivistes notoires qui ont gravités autour du club! De politiciens intéressés (droite et gauche caviar comprise, ils se reconnaîtront…) pour leur gloriole personnelle en passant par des pseudo-investisseurs et prédateurs tournant toujours autour du club quand celui-ci vit dans les extrêmes (agonie financière ou succès sportifs)! Le Servette FC doit donc s’attendre à faire face à toutes ces petites gens sans scrupules, sans coeur et sans âme qui vont (re)venir tourner autour du « grand » SFC… Mais la situation risque d’être bien plus compliquée pour eux que par le passé car  « Magic » Pishyar veille sur son club avec ses valeurs de respect et de reconnaissance!

N.B., le mégalo qui aura trompé Christian Constantin

« En janvier 2010, le club annonce en effet en fanfare (communiqué, interview vidéo sur la Web TV du FC Sion) l’arrivée d’un nouveau sponsor sur les tenues d’entraînement de l’équipe et sur des panneaux publicitaires autour du terrain. Montant du sponsoring avec BCA: 185 000 francs. Pas un seul centime ne sera versé et pourtant la mariée était belle. L’image de combattant et les valeurs que véhicule le FC Sion nous ont séduits», déclare alors un N.B. au sommet de sa gloire. Pourtant, l’affaire tourne rapidement au vinaigre malgré les affabulations du patron de BCA, qui prétend être en affaire en Afrique et en Iran. Le FC Sion a fini par déposer plainte. Plus trace de la vidéo dans les archives du site, ni de sponsors sur les maillots »…

Nous apprenons à la fin de l’article que le mégalo N.B. serait sur le point de faire son retour du côté de Lausanne qui est toujours à la recherche de finance… En espérant que nos amis du LS ne se laisseront pas berner par ce genre d’individu(s) qui ne manqueront pas de frapper à leur porte dans les prochaines années… Les prédateurs sont légions.

Finalement, les supporters Servettiens sont en train de réaliser jour après jour que la chance a frappé à notre porte le jour où « Magic » Pishyar a repris le club!

Retrouvez ci-dessous l’article disponible dans le PME Magazine de ce mois.

Vous pouvez également consulter le lien ici directement : http://www.pme.ch/de/artikelanzeige/artikelanzeige.asp?pkBerichtNr=180975)

PME Magazine du 28.04.2010
Pascal Vuistiner

L’incroyable histoire de la PME fantôme

N.B. a réussi à tromper tout le monde en Valais. Son histoire fait froid dans le dos. Ni la justice ni la police ne l’ont arrêté. Mieux, il serait sur le point de recommencer.

Le 15 mars 2010, après deux ans de tricherie, de tromperie et parfois d’escroquerie, le petit jeu de N.B., 27 ans, s’arrête net. Les serrures de ses locaux tout neufs à Sion sont changées. La page Internet qui est consacrée à l’aventure extraordinaire de son entreprise, BCA, est bouclée. Même sort pour sa notice sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia.L’article paru dans Le Matin la veille a produit son effet. N.B. est à terre, mais ce n’est pas le seul. Vingt employés se retrouvent à la rue avec près de 400 000 francs de charges sociales et de salaires impayés. Le loyer n’a pas été réglé. Les fournisseurs (mobiliers, ordinateurs, système de sécurité, etc.) n’ont pas été honorés non plus. Le FC Sion dépose plainte pour un contrat de sponsoring qui n’a jamais été réglé non plus.
Bref, ce jour-là, le monde imaginaire de N.B. s’écroule. Son formidable château de cartes s’effondre. Pourtant, faute de plainte pénale, la police ne l’arrête pas. Il peut donc continuer à raconter n’importe quoi à n’importe qui. Et l’homme a du talent. Beaucoup de talent.
Tout commence il y a vingt-sept ans. Le petit N.B., originaire de Zermatt, voit le jour en Valais. Il fera une partie de ses classes primaires à l’Institut Notre-Dame de Lourdes à Sierre, un établissement spécialisé dans l’accueil de personnes qui présentent un handicap. Il réussit apparemment à terminer un apprentissage de cuisinier, travaille quelque temps dans un home à Saint-Léonard. Suffisamment pour s’autoproclamer cuisinier gastronomique sans avoir passé une minute dans la cuisine d’un grand chef. Autres particularités de son CV dont il est très fier: un bachelor en criminologie de l’Université de Lausanne et deux masters en économie aux Universités de Hambourg et de San Diego. La monumentale supercherie se met en place. Les premiers mensonges font leur apparition. Et ce n’est encore que le début.
20 juin 2008. Zurich

 

Le petit Rocancourt valaisan crée la société BCA SA, société sœur de BCA Group. Le capital-actions de 100 000 francs est entièrement libéré et les comptes de la nouvelle entreprise seront audités par Deloitte SA. Le 2 juillet, création de BCA Group International. Le 10 juillet, création de BCA Fondation International et finalement le 23 octobre 2008, naissance de BCA Holding. D’où vient cet argent? Certains parlent d’un héritage qui lui aurait permis de mettre le pied à l’étrier. Impossible à vérifier. Toujours est-il que N.B. se paie le luxe d’un registre d’actionnaires tous Suisses mais dont les noms sont tous bidon. Il se retrouve donc seul à la tête de sa société, avec signature unique, comme il est tout à fait légal de le faire. Comment a-t-il réussi à convaincre un avocat et une fiduciaire de lui signer les papiers pour la création de sa société? On peut, bien sûr, se lancer avec une moitié d’hypothèque et une vieille voiture en leasing. Et visiblement, notre larron commence par bien faire les choses. A certains moments de l’escroquerie, du vrai argent semble avoir circulé, comme nous le verrons plus tard. C’est très important pour la suite, car une SA capitalisée à 100 000 francs donne inévitablement confiance à ses futurs partenaires.

Milliards

N.B. est content. La première étape de son plan se met en place. Il lui faut maintenant crédibiliser son énorme mensonge. Il crée un site Internet aujourd’hui fermé, mais qui, il y a quelques semaines encore, révèle le culot incroyable du petit Madoff. Sous le slogan «BCA: Best for Life», l’entreprise annonce réaliser 64 milliards de chiffre d’affaires (la moitié de Nestlé, plus c’est gros, mieux c’est!) emploie 2480 personnes dans le monde et se spécialise dans les conseils juridiques bon marché.
Il se donne même la peine de rédiger une page sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia: «BCA Group Inc est une entreprise de service active dans les domaines judiciaires, financiers et administratifs dont les sièges sont à Zurich et à San Diego (Californie). BCA est le groupe de sociétés le plus complet au monde dans le domaine juridique. BCA travaille avec des mandataires et des partenaires ce qui lui permet d’être actif dans 61 domaines et d’être présent dans 41 pays. BCA compte plus de 400 000 clients dans le monde.» Et, cerise sur le gâteau, «BCA Fondation International est là pour venir en aide aux familles dans le besoin, qui doivent effectuer des démarches judiciaires.» C’est énorme, mais cela n’empêche pas l’escroquerie de se mettre en place.
Avec une SA solide, un site Internet, une page Wikipédia, un culot hors norme et une ambition débordante, N.B. décide de faire parler de lui et de sa société. Il se paie d’abord une campagne d’affichage avec la SGA. Ce coup de pub promet 500 000 francs au millionième client de BCA. A la limite de la légalité, cette opération atteint tout de même son objectif: faire connaître l’entreprise. La SGA a-t-elle été payée? Apparemment oui.
Il s’inscrit le 24 juillet 2009 sur le site Rezonance comme CEO de BCA Groupe Inc., société qui n’existe malheureusement pas. Après Wikipédia, cette fausse annonce sur un site de réseautage pose une nouvelle fois la question du contrôle de la véracité de l’information sur le Net. Ils furent en effet nombreux les employés et les fournisseurs trompés, à avoir utilisé ces infos bidons pour se rassurer.

Mégalomanie

N.B., lui, n’a pas besoin de se rassurer. Il est de plus en plus mégalomane et c’est ainsi qu’il apparaît dans un article de 20 Minutes , le 7 août 2009. Il y annonce la construction à Zurich, Lutry ou Martigny, d’une tour de 110 m de haut et de 35 étages, pour un investissement de 500 millions de francs. Tout simplement la plus haute de Suisse, en pleine crise économique. Trop fort pour un jeune homme de 26 ans.
Un bureau d’architectes lausannois, qui ne souhaite évidemment pas s’étendre sur la question, planche même durant plusieurs mois sur un projet qui ne verra jamais le jour. A la fin de l’été 2009, les premiers doutes apparaissent. Lorsqu’on lui pose la question de savoir pourquoi personne en Suisse n’a jamais entendu parler de BCA, N.B. a une réponse parfaite: «C’est normal, nous arrivons en Suisse après avoir créé un réseau de franchises dans 41 pays.»
Puis d’autres indices commencent à le trahir. Il ne change pas souvent ses habits, ses chaussures sont usées. Pour un homme qui déclare gagner 50 000 francs par mois et 3 millions de bonus par année, ça fait quand même mauvais genre. Plus tard, les employés de sa société s’apercevront même qu’il piquait dans la caisse de la machine à café pour se nourrir.
L’un de ses anciens associés témoigne. «Il n’avait pas de voiture, ne payait jamais rien au restaurant ni au bistrot. C’est sûr, au bout d’un moment, j’en ai eu marre. Seulement, ça avait l’air tellement beau que je ne voulais pas arrêter la machine. Si cela avait marché et que des places de travail avaient été créées. On ne sait jamais.» Et oui, avec un escroc on ne sait jamais. Et c’est là tout le problème, surtout en période de crise économique. Cette petite phrase, les membres de la direction du FC Sion doivent se la repasser en boucle. En janvier 2010, le club annonce en effet en fanfare (communiqué, interview vidéo sur la Web TV du FC Sion) l’arrivée d’un nouveau sponsor sur les tenues d’entraînement de l’équipe et sur des panneaux publicitaires autour du terrain. Montant du sponsoring avec BCA: 185 000 francs. Pas un seul centime ne sera versé et pourtant la mariée était belle. L’image de combattant et les valeurs que véhicule le FC Sion nous ont séduits», déclare alors un N.B. au sommet de sa gloire. Pourtant, l’affaire tourne rapidement au vinaigre malgré les affabulations du patron de BCA, qui prétend être en affaire en Afrique et en Iran. Le FC Sion a fini par déposer plainte. Plus trace de la vidéo dans les archives du site, ni de sponsors sur les maillots.

Emballement

Jusque-là installé à Savièse, N.B. passe à la vitesse supérieure. Il loue des locaux à Sion, rue de la Porte-Neuve. Avec quelle garantie bancaire et quelle preuve de fiches de salaire? Mystère. Cela n’empêche pas sa secrétaire de lancer une vaste campagne de recrutement qui aboutit à l’engagement de 20 personnes, le 4 janvier 2010. Les ORP valaisans, trop heureux de l’opportunité, poussent même certains chômeurs à accepter ce nouveau job, très bien payé en plus. Aujourd’hui, alors qu’aucun salaire n’a jamais été payé, la pilule est dure à avaler pour les 20 personnes qui se retrouvent à la rue. «Avec son visage de bébé, il était super convaincant, très sûr de lui. Il pratiquait le management par la peur», témoigne cet employé grugé. Et les exemples de paranoïa sont nombreux. Interdiction de parler de BCA à l’extérieur des bureaux sous peine de licenciement immédiat. Interdiction d’utiliser son Natel au bureau. Identification par empreintes digitales pour pénétrer dans les locaux. Le contrat de travail atteint même la bagatelle de 18 pages! «En fait, c’est une escroquerie de haut niveau», tranche cette employée qui a décidé de poursuivre son ex-patron aux Prud’hommes.

Tromperies

Le montage BCA se dégonfle enfin. Le vrai visage de N.B. saute soudain aux yeux de tous. C’est un escroc. A San Diego, un bâtiment censé abriter des milliers d’employés de BCA se révèle être une villa… «Mais avec une grande voiture devant», raille cette ex-collaboratrice. A Zurich, on tombe sur un immeuble où se trouve UBS. Et les fournisseurs débarquent au siège sédunois plutôt ulcérés de ne pas voir leurs factures réglées. Le propriétaire de l’immeuble est fou de rage. Il fait changer les serrures. Pour le moment, N.B. court toujours. Aucun policier, aucun juge n’a encore réussi à l’arrêter. Il pourrait donc récidiver ailleurs en Suisse. Aux dernières nouvelles, il tenterait un retour du côté de Lausanne. Attention, il est très malin.

Vous pouvez également retrouver l’article « Majid Pishyar, des affaires et des secrets d’affaires » que PME Magazine avait consacré en septembre 2009 à notre président ainsi que l’analyse des EDS qui s’en suivi :

http://www.pme.ch/de/artikelanzeige/artikelanzeige.asp?pkBerichtNr=179518

“Majid Pishyar, des affaires et des secrets d’affaires”

PME m

Tel est l’intitulé de l’article consacré à notre président par Edouard Bolleter, dans le dernier numéro de PME Magazine. Même si cet article n’aborde que très succinctement les activités de Majid Pishyar au Servette FC, il nous permet d’en apprendre un peu plus sur notre discret et élégant président, ainsi que sur les différents domaines d’activités de son pool de sociétés, 32Group.

Julian Karembeu

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