20ème journée : SERVETTE FC – GRASSHOPPERS 3-1 (0-0) : Le match sous la loupe

A l’aube d’aller défier notre meilleur ennemi sur ses terres, il fait bon de respirer à nouveau l’odeur du gazon, là où des servettiens volontaires et exemplaires se sont brillamment imposés 3-1 face à Grasshoppers dimanche passé…

On connaît tous les tracasseries administratives qui secouent les coulisses et qui menacent l’existence-même du club. Aussi, se retrouver à la Praille pour communier à nouveau avec les joueurs dans ce premier match à domicile du second tour avait une saveur toute particulière. Encore bien plus après que la menace d’un report, ou pire d’une annulation définitive de la partie, eut plané les jours précédant la confrontation.

Ce duel représentait dans une partie des années 80 le match au sommet du championnat. Il oppose d’ailleurs les deux clubs les plus titrés du pays. Or, les temps ont changé. Les deux clubs se trouvent aujourd’hui confrontés à des difficultés financières et leurs ambitions sont forcément revues à la baisse. Aussi, ce match ne pouvait promettre une affiche au sommet de sa splendeur. Il est vrai que jamais le match ne toucha au génie. Les ratés furent conséquents de part et d’autre. Mais, au final, les 6000 spectateurs présents (chiffre gonflé volontairement?) purent célébrer une victoire grenat qui vient récompenser de manière logique un Servette plus combatif, volontaire, solidaire et agressif.

Une équipe locale au bénéfice d’un meilleur potentiel aussi, davantage désireuse de forcer le destin pour obtenir les 3 points. Animée probablement d’un esprit de rébellion envers les incompréhensions et incohérences émanant de sa direction. Le mot « RESPECT » écrit sur chaque maillot était en cela si évocateur…

Le système

Joao Perreira a adopté son système et il semble vouloir le maintenir dans le but de ne rien chambouler. Pour édifier des repères concrets, ancrer des schémas tactiques, à même de permettre à son club de prendre possession du jeu. Force est de constater que son « 4-2-3-1 » de ce dimanche, et malgré l’absence du poumon de l’équipe Kouassi, avait fière allure et lui permit de prêter vie à son projet ambitieux. Aussi, le Servette prit clairement le jeu à son compte, dominant une équipe zurichoise apparaissant inférieure sur tous les plans.

Pour palier l’absence de son précieux réupérateur, le portugais titularisa en même temps Nater et Pizzinat. Mais il recula le capitaine servettien en position de libéro avancé, premier défenseur devant la défense. Ce choix fut judicieux, Lionel réussissant, par une excellente lecture du jeu, à se placer idéalement pour colmater les brèches et pour permettre à son équipe de bien quadriller le terrain. De plus, ce placement permit de donner davantage de liberté offensive à nos deux latéraux, qui en profitèrent à bon escient et amenèrent ainsi un danger permanent.

Si l’axe de la défense semble s’imposer avec la paire Roderick-Routis, le portugais évoluant comme le patron de sa zone, l’attaque semble aussi prendre forme dans l’esprit de Perreira. De toute évidence, le coach portugais souhaite s’appuyer sur deux faux-ailiers capables de dynamiter les défenses adverses par leur capacités en dribbles et leur vivacité. Mais pour utiliser leurs aptitudes au mieux, il souhaite leur adjoindre, dans l’axe, un attaquant en pivot. D’où la titularisation de Saleiro qui, avec sa couverture de balle, ses déviations, son jeu de tête et sa vision du jeu, se révèle, par moments du moins, intéressant dans ce rôle.

Le triangle médian est maintenu et a pour but de conférer à De Azevedo un rôle de meneur de jeu-électron libre qui peut l’amener à se propulser en 4e attaquant selon les phases de jeu. D’ailleurs, le brésilien se sera souvent retrouvé aux avant-postes, placé même à plusieurs reprises, ni plus ni moins, comme finisseur. Las, celui-ci aura soufflé le chaud et le froid dans cette partie, galvaudant d’excellents ballons, véritables occasions de but en or, mais réussissant, à contrario, quelques belles ouvertures et une passe décisive sur le deuxième but grenat.

Ce système aura montré certaines vertus sur ce match, et il y a fort à parier que Joao Perreira le maintienne pour le déplacement de Tourbillon. Il se pourrait néanmoins que Nater soit remplacé par Kouassi, si celui-ci est suffisamment rétabli, et que Karanovic remplace Yartey, si celui-ci est suspendu (à vérifier).

La défense

Malgré la première défaite enregistrée à Berne et les trois buts encaissés, Gonzalez sera resté titulaire pour cette rencontre. Il convient de dire qu’il n’y pouvait pas grand-chose au stade de Suisse. D’entrée de match, il donna raison à son entraîneur en réalisant un arrêt de grande classe à bout portant. Cette occasion aurait pu permettre aux visiteurs d’ouvrir la marque. Cela aurait aussi pu avoir comme conséquence de fragiliser un édifice grenat en manque de sérénité et de confiance. Gonzalez a su répondre présent tout au long de la partie, effectuant encore quelques beaux arrêts. Il est au bénéfice d’une personnalité à même de prendre le leadership, et cela apporte un + à une défense particulièrement inexpérimentée, au sein de laquelle s’affirme cependant Roderick. Le portugais affiche un calme étonnant pour son jeune âge. Il semble toujours plus s’imposer comme le patron des lignes arrières. La paire qu’il constitue avec Routis prend progressivement ses repères. Attention toutefois, elle peut se laisser prendre en défaut par un manque de vitesse et une certaine lenteur parfois coupable.

Moubandje et Ruefli sont les latéraux indiscutables du Servette en ce moment. Forts de leur récente sélection nationale, ils continuent à évoluer et à prendre de la bouteille. Leur culot est toujours plus affirmé. Il constitue d’ailleurs l’un de leurs principaux atouts. En effet, les deux joueurs ne se contentent pas que de défendre. Bien qu’ils ont démontré, sur ce match, avoir gagné en rigueur sur ce plan-là, ils se sont également efforcés à tous moments de se porter vers l’avant et de chercher les duels offensifs. Ils cherchent à provoquer balle aux pieds. Parfois trop exagéré chez François. Mais il y a du potentiel, c’est certain. Ils densifient ainsi le secteur offensif du Servette, le rendant si redoutable. Les dirigeants grenat auraient fin nez que de « bétonner » leur contrat, car ces deux joueurs valent de l’or, assurément.

Le milieu

En l’absence de Kouassi, le milieu de terrain est toujours une énigme. On sait que le Servette n’a jamais réussi à marquer des points sans son infatigable récupérateur. Mais c’était avant ce match. Face à GC, Pizzinat aura livré une excellente partie, jouant à merveille son rôle de libéro du milieu. Evoluant parfois comme un 5e défenseur, soit un 3e axial, soit un latéral de fortune amené à palier les montées des latéraux. Ce rôle lui convient à merveille. Il rappelle celui qu’il occupait quand il évoluait en libéro sous le maillot grenat il y a de cela quelques années. Du coup, le triangle médian n’en est plus vraiment un. Nous sommes plutôt en présence de trois milieux axiaux qui évoluent chacun à un niveau du terrain différent. Placé à la verticale. Un libéro (Pizzinat) – un récupérateur (Nater) – un meneur de jeu (De Azevedo). L’idée est intéressante. Joao Perreira n’est pas très expressif et paraît souvent vide de ressentis ou d’émotions. Cela ne veut pas dire pour autant que les idées ne prennent pas vie ni jaillissent dans sa tête. Intéressant. Et surtout, très malléable. Du coup, au sein d’une telle configuration, Nater n’entre plus en concurrence avec Pizzinat, mais plutôt avec Kouassi.

L’attaque

Malgré le départ de Vitkiviez et le prêt de M’Futi durant la trêve hivernale, le Servette ne manque pas de solutions offensives. Sans compter qu’il lui manque encore le prodige Esteban, toujours blessé. Le schéma tactique de Perreira est comparable à celui qu’Alves utilisait à certains moments. Il articule une sorte de triangle étiré « ailier-pivot-ailier ». Nous approuvons ce choix. Tout d’abord parce que le Servette n’est jamais aussi dangereux que lorsque ses ailes se mettent à dynamiser les défenses adverses. Ensuite, parce qu’au sein d’une telle configuration, les solutions ne manquent pas au sein du contingent. Que ce soit sur les côtés, ou dans l’axe. D’ailleurs, Karanovic (côté) et Eudis (axe), entrés en cours de match, ont tous les deux marqué et offert la victoire à leur équipe.

Si Yartey en fait parfois trop, il n’en demeure pas moins un joueur constamment dangereux. Sa vivacité et son excellente technique balle aux pieds peuvent mettre en difficulté n’importe quelle défense du championnat. Principalement les défenses qui se reposent sur de grands gabarits, relativement lents dans le déplacement. De l’autre côté, Moutinho a de faux airs de Vitkiviez. A croire qu’il a été formé à pareille école. C’est intéressant. On savait le jeune espoir grenat doué de réelles aptitudes, techniques notamment. On a aimé en revanche le voir adopter une attitude volontaire et combative. Comme s’il avait à coeur de faire ressusciter dans les travées grenat le fantôme du néo-international (enfin, celui-ci, le vrai en chair et en os, était bel et bien là, avec les supporters!). Karanovic offre une alternative supplémentaire sur les côtés. Certes, M’Futi aurait pu en offrir une seconde. Si Eudis, apparemment devenu plus explosif, peut, si besoin est, être aligné sur le couloir, il y évolue malgré tout à contre-emploi. Et Mobulu avait démontré d’intéressantes aptitudes en tant que joker dans un tel rôle à la fin du premier tour. Sa vivacité peut faire mal dans le dernier quart d’heure d’un match. Ce prêt reste pour le moins curieux. Bref, passons.

Reste l’énigme Saleiro. Le portugais ne plaît pas au public, c’est un fait. Pris en grippe et sorti sous les sifflets, Carlos n’aura pourtant pas démérité. Force est de constater qu’il améliore son rendement au fil des matches. Certes, il semble ne pas avoir les réelles qualités d’un finisseur. Il ne possède pas non plus l’explosivité d’un Karanovic, celle qui pourrait lui permettre de faire sauter un verrou défensif suite à une action individuelle. Il ne se mettra donc jamais vraiment en évidence en creuvant l’écran. Non. Son rôle et son apport sont à voir sous un autre angle. Aussi étonnant que cela puisse paraître (notamment en raison d’une attitude parfois (faussement?) nonchalante), c’est au niveau de l’équilibre du collectif qu’il peut s’avérer précieux. Dans un rôle de pivot. Une sorte d’attaquant axial reculé, qui peut servir de piston à des actions menées depuis le côté. Autrement dit, il peut davantage permettre à ses coéquipiers offensifs de marquer, que de marquer lui-même. Dans ce registre, Saleiro aura réalisé un bon match face à GC, donnant notamment deux passes de but (malheureusement pas concrétisées par ses coéquipiers), et combinant avec justesse et finesse à plusieurs reprises. Le portugais mériterait par conséquent un traitement plus conciliant à son égard de la part des supporters grenat.

L’entrée d’Eudis fut précieuse. Non pas que Saleiro n’était pas bon. Mais parce que le brésilien, plus puissant et plus dynamique, aura apporté juste ce qu’il fallait, notamment avec le double apport de Karanovic, pour presser dans les dernières minutes du match sur une défense zurichoise de plus en plus fatiguée. Les choix de Joao Perreira étaient bons, n’en déplaisent à ses détracteurs. Le coach portugais a eu fin nez et réalise un excellent coaching qui apporte une contribution importante dans les trois points brillamment glanés par un collectif exemplaire.

Prochain match à Sion!!

Chers Grenat, votre mérite est grand. Votre coeur aussi! Malgré les circonstances difficiles, vous avez mouillé le maillot grenat! Vous avez tout donné. Pour nous, supporters, en premier lieu. Pour ce cadeau, mille fois merci.

Puissiez-vous encore faire preuve d’autant de solidarité, de bravoure, d’abnégation et d’attitude exemplaire ce dimanche à Sion. Ce match représente tant pour nous, supporters!

Nous serons derrière vous, soyez-en sûrs! Allez les Grenat!

GrenatDC

9 réflexions sur « 20ème journée : SERVETTE FC – GRASSHOPPERS 3-1 (0-0) : Le match sous la loupe »

  1. Superbe article! Bravo GrenatDC. Je rajouterais juste que Yartey doit plus provoquer allez au contact et faire parler sa technique. Pour Saleiro c est un vraix attaquant en pivot et avec un Karanovic en 4-4-2 ça pourrais faire mal! Enfin il faudrait aussi qu il marque un but pour prendre confiance son shoot rate contre GC en est la preuve il a fait un bon match et si il avait marqué ce but il n aurait pas été siffle par le public. Pour le moment il n’est pas excellent mais il progresse à chaque match! Pour finir Mouthinho à montré de belle choses, Pizzinat à fait parler son expérience et Gonzalez a la place de Barroca… Je ne suis pas convaincu Gonzo à des lacunes en sortie aérienne sur chaque corner et coups franc je tremble.

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