
Ce sont des servettiens conquérants et audacieux qui se sont déplacés à Zürich ce mercredi soir pour obtenir un large succès amplement mérité contre le club le plus titré de Suisse. Retour sur l’effet Alves…
Le système
Il était entendu que Joao Alves reconduirait pour ce match son fameux 4-2-3-1, animé par les valeurs et la philosophie du jeu qui sont les siennes. Face à cette équipe de Grasshopper, brouillonne et si peu compacte, ce système aura trouvé un contexte favorable pour exprimer toutes ses vertus.
Les + :
– Le bloc servettien évolue plus haut dans le terrain depuis le retour de Joao Alves. Par conséquent, les Grenat subissent moins le jeu et le secteur défensif est moins mis sous pression. Cela permet aux défenseurs d’évoluer avec davantage de sérénité et d’assurance. Les belles performances de Roderick et de Schneider depuis deux matches en témoignent.
– Les filtres défensifs se mettent en place plus haut dans le terrain. Cela permet de récupérer les ballons dans le camp adverse et ainsi de lancer des contres plus redoutables. Cette capacité de projection vers l’avant avec dynamisme est probablement la meilleure arme du système Alves. Elle permet de mettre en valeur les richesses du contingent grenat et d’exploiter le maximum de son potentiel.
– Il existe un réel équilibre entre le secteur défensif et le secteur offensif.
Les – :
RAS
La défense
Paradoxalement, alors même que Pereira cherchait à renforcer le secteur défensif de son équipe, c’est avec « Alves l’offensif » que la défense retrouve rigueur et efficacité. La raison? En voulant accentuer ce secteur-là, Pereira y centralisait toutes ses valeurs. Or, il le mettait ainsi sous pression. Le manque d’expérience d’une défense particulièrement jeune fragilisait ainsi tout l’édifice grenat. Alves, au contraire, en priorisant l’équilibre entre les différents secteurs du jeu, permet à sa défense d’évoluer en étant mieux soutenue et plus libérée. La paire axiale Roderick-Schneider se révèle en outre très complémentaire. C’est aussi par souci de préserver un équlibre retrouvé que Joao Alves titularisa Ruefli en position de latéral gauche, pour remplacer poste pour poste le suspendu Moubandje. Bien vu.
Le milieu
Là aussi le souci de l’équilibre est constamment présent dans les choix de Joao Alves. Il définit et répartit mieux les rôles que Pereira, pour les rendre plus complémentaires. En effet, avec Alves, il y aura toujours un trio médian en osmose « récupérateur(Kouassi/Pont)-relayeur(Nater/Pizzinat)-créateur(De Azevedo/Paratte) ». Dans ce schéma-là, Nater a souvent la priorité sur Pizzinat. Car Alves le considère comme un joueur capable de créer le jeu en plus de le relayer. En cherchant, avec raison, à évoluer plus offensif et en misant sur les contres face à ces sauterelles-là, il était donc logique de préférer Stéphane à Lionel. A 2-0 pour les Grenat, en revanche, l’entrée de Pizzinat devenait cohérente. Pour assurer et contrôler le jeu.
Les consignes du système d’Alves, et la priorité accordée à la liberté et à la créativité offensives, permettent aux demis extérieurs d’apporter davantage sur le plan offensif, là où résident principalement leurs qualités naturelles. Le Servette gagne ainsi en profondeur et en dynamisme, pour se montrer bien plus redoutable lorsqu’il récupère le ballon, en se projetant très vite vers l’avant. Cela fait de lui une équipe redoutable à l’extérieur. En témoignent les larges succès à Sion (0-4) et à GC (0-3), sans compter ceux obtenus à la fin du championnat la saison passé en Chl (0-6 à Lugano notamment). Du coup, Yartey revient à la vie et retrouve tout son panache. Et Moutinho trouve un terrain plus favorable pour s’affirmer et démontrer ses qualités.
L’attaque
L’attaquant nominal est moins isolé et davantage soutenu par les demis extérieurs et le milieu axial offensif. De Azevedo aura joué plus haut durant ce match, plus rapproché de Karanovic. Et cela aura permis au meilleur buteur grenat de se montrer particulièrement incisif et dangereux. C’est notamment à ce niveau-là que la différence entre les deux équipes fut frappante. Là où GC, en panne d’idées, peinait à se montrer créatif et réellement dangereux, les Grenat, eux, articulaient avec explosivité et vivacité des triangulations inspirées (entre Moutinho, De Azevedo, Yartey et Karanovic).
Le bilan
Excellent. Rien à ajouter de plus, si ce n’est que le Servette a su poser le système tactique idéal lors de ce déplacement : pour exploiter au mieux ses qualités et son potentiel, et pour se jouer des points faibles de son adversaire du jour. Tout semblait de surcroît sous contrôle et maîtrise. Proche de la perfection.
Le prochain match
Le derby du lac de Genève. L’enjeu sera côté servettien, puisque les genevois devront tout faire pour s’accrocher à une place européenne qui consacrerait une saison à part dans le légende grenat. Lausanne s’est sauvé et se déplacera donc pour la première fois de la saison libéré et sans pression. Cela pourrait en faire un adversaire particulièrement redoutable. Le contexte du derby, et la dynamique positive dans laquelle se trouve actuellement les pêcheurs, seront autant de paramètres dont devront se méfier les Grenat. Mais ceux-ci pourront s’appuyer sur leurs valeurs retrouvées et compter sur le soutien inconditionnel de son public qui sera présent en nombre!
Pour ce derby, nous chercherions bien évidemment à maintenir les valeurs prônées par Alves lors des deux dernières victoires de rang. Nous reconduirions le 4-2-3-1 en l’articulant comme suit : Ruefli(à droite)-Schneider-Roderick-Moubandje(à gauche) / Kouassi – Nater / Moutinho(à droite) – De Azevedo – Yartey(à gauche) / Karanovic.
Le ciel sera grenat sur le lac ce dimanche!!
Allez Servette!!
GrenatDC