Les Enfants du Servette


Dans le piège de Pishyar (troisième épisode) : Servette et Beira Mar, l’épilogue ? by Germinal Walaschek
1 juin 2012, 11:00
Filed under: Parlons Servette

Admira Wacker et Arctic Image sont ruinés mais Majid Pishyar ne va naturellement pas s’arrêter en si bon chemin. Ses méthodes marchent si bien…

Bienvenue à Genève !

Lorsqu’il arrive à Genève, en réponse aux questions critiques envers son engagement en Autriche, Majid Pishyar répond de manière effrontée que l’on se méprend en fait sur la réalité : «lorsque je suis devenu président, le club était dernier du classement. Je l’en ai sorti. J’ai tout remis en ordre là-bas.» A Genève peu de voix critiques se font entendre et sa parole n’est pas mise en doute. Il reprend alors un club avec des performances sportives certes moyennes à l’époque mais sans aucunes dettes. Je lis alors dans ces grandes déclarations, comment il entend promouvoir la relève et remettre le club à sa place en haut de la hiérarchie. A mes oreilles, ces mots résonnaient en moi comme si quelqu’un avait déplacé l’aiguille d’un vieux 45 tours quelques sillons en arrière… Dans une interview avec le site web financier «24/7» il s’enorgueillit des rendements de 15% que réalisent ses sociétés, alors qu’au même moment pendant la crise financière toutes les autres entreprises annoncent des pertes. Les fans nourrissent alors de nouveaux espoirs légitimes de pouvoir retrouver, avec son argent, les succès glorieux d’un passé pas si lointain.

Des Irlandais floués par un projet irréalisable

Pendant que Pishyar fête avec Servette le retour en Super League après une incroyable remontée au classement durant laquelle il promit une Porsche à tous les joueurs (ceux-ci attendent toujours), un groupe d’Irlandais se met à la recherche du reste de l’argent qu’ils ont investi à par l’intermédiaire d’une entreprise douteuse de Dublin. 20 millions d’euros se sont ainsi « ensablés » dans le désert alors qu’au même moment dans une interview avec le « SonntagsBlick » M. Pishyar se targue d’y avoir amené la neige : « les gens pensaient que j’étais un fou, mais j’ai construit le Snowdome à !» Une poignée de sable dans les yeux… rien de tel n’a jamais été construit.

La liste des créanciers s’allonge

Au Servette, le nombre de créditeurs est également en augmentation continue depuis l’engagement de Pisyhar. Certains sont plus durement touchés que d’autres. L’équipementier sportif italien GIB Sportswear crée et fournit en temps et en heure, l’intégralité de la collection du Servette sur commande de Pishyar. L’été dernier, 11’000 nouvelles pièces sont livrées: maillots, shorts, chaussettes, trainings, vestes. Amid, le fils Pishyar est enchanté et promet aux employés ayant renoncé à leurs vacances d’été une semaine de vacances à . Cela restera un rêve, car jusqu’à aujourd’hui pas le moindre euro n’a été payé. 224 emails resteront sans réponse. Le téléphone portable d’Amid Pisyar reste éteint. GIB Sportswear se bat pour sa survie. Une entreprise locale de nettoyage connait le même sort, elle transmet en février de cette année une demande de mise en faillite du Servette. C’est le début de la fin pour Pishyar à Genève.

Un nid au Portugal

Tout cela n’est pas de nature à déstabiliser un homme comme Pishyar. Depuis longtemps, il s’est en effet fait un nid au sein du club portugais du SC Beira Mar. Bien qu’il n’ait acheté qu’une minorité d’action, il réussit à reprendre les destinés du club. Ces buts ? Amener le club vers les sommets et promouvoir les nombreux talents. On connait la musique. En plus de cela, il annonce la création d’un « Village-Football » et d’une zone commerciale aux alentours du stade. A Aveiro ceci apparaît possible, le soutien de la ville, à l’inverse de ce qui se passe à Genève, étant assuré. Les plans ne seront bien sûr jamais mis à exécution, par contre, Pishyar réussit en un temps record à plonger le club dans de très grosses difficultés. A l’assemblée générale de mars, les membres avaient espéré avoir des réponses à leurs interrogations mais le président ne daigne pas se déplacer. L’annonce selon laquelle 90% des revenus du club vont au 32 Group et que tous les droits de transfert des joueurs pendant une durée de 5 ans sont la propriété de Pishyar fait l’effet d’une bombe. Le déficit n’a pas été totalement épongé malgré les promesses. Les contrats verrouillés transforment la recherche de nouveaux investisseurs en une quête sans issue. Le succès sportif ne semble en outre pas nécessaire pour Pishyar car quoi qu’il arrive la vente de joueurs fait tinter son tiroir-caisse.

Reprendre, temporiser, fuir

Finalement, Pishyar lui-même reconnait que son projet de Snowdome restera une illusion. Dans une interview au magazine «L’Hebdo» en février de cette année, il admet avoir été obligé d’enterrer le projet suite à la crise financière. Je me demande franchement s’il avait vraiment sérieusement eu l’intention de le construire… Quoi qu’il en soit, force est de constater que jamais une seule pierre n’a été et ne sera posée. Lorsque le journaliste lui demande pourquoi jamais personne ne répond au téléphone de ses bureaux aux 51 et 52ème étages des Emirates Tower, il répond qu’il a dû déménager. Possible qu’il y ait été contraint. En effet, 2 ans auparavant déjà, une de mes sources présumait que Pishyar avait été exclu de ce pays suite à ces méthodes en affaires. Combien de personnes figurent réellement sur la liste des salariés du 32 Group reste toujours un mystère. Lorsque l’on se met à la recherche d’offres d’emplois du groupe, l’on tombe sur quelques annonces pour des postes de vendeurs en bijouterie. On est en droit d’être circonspect, lorsque l’information la plus récente sur le site web de ce qui devrait être une multinationale d’envergure mondiale date de juin 2011.

Le « Business Crash Model » de Majid Pishyar

La question initiale qui m’avait poussé à suivre le talentueux Majid Pishyar me laisse toujours aussi perplexe qu’au début : comment gagne-t-il vraiment de l’argent ? Cela reste une énigme. Fixés sur un objectif, les agissements de Pishyar sont incroyablement conséquents. Il débarque comme le sauveur, promet un avenir doré, paie ces partenaires en avance et reprend ensuite la société ou le club. Ses victimes sont principalement des entreprises, clubs ou personnes qui font déjà face à de grosses difficultés. Dans ces conditions, la plupart n’ont pas les ressources nécessaires pour s’engager dans de longues procédures judiciaires. Dès qu’il reprend les commandes, il paie avec beaucoup de retard voire pas du tout, menaçant par là-même la survie des petites entreprises, ceci ne l’empêchant évidemment pas d’adresser et de payer régulièrement des notes d’honoraires à ses propres sociétés et ses partenaires. Pendant un certain temps, ces pratiques restent inaperçues, certaines fois au-delà d’une année. C’est le temps qui lui permet de fondre sur ses prochaines victimes au détriment desquelles il s’apprête à utiliser les mêmes méthodes. Lorsque tout s’écroule, il rejette alors dans une dernière colère la faute sur d’autres, souvent aux autorités, élus locaux, collectivités et autres avant de … disparaître en catimini par une porte dérobée. Il est alors suivi par ses anges gardiens, des avocats véreux et sans scrupules vêtus de costards tirés à quatre épingles et chez lesquels les cartes de fidélité des compagnies aériennes ont depuis longtemps remplacé les ailes. Tout ce petit monde se remet alors en route pour le prochain club de football à la recherche d’un sauveur…

Source: selon texte original de Risto Rumpunen: http://www.ftfinland.com/2012/04/who-is-majid-pishyar-multinational.html
Traduction en allemand pour Zwölf de Mämä Sykora: http://www.kurzpass.ch/ZWOELF-Artikel/Fussball/die-pishyar-falle.html

Adaptation française RAMS et Germinal Walascheck


13 commentaires so far
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Merci pour cette saga rocambolesque !

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Commentaire par grenadine

Mais il faut faire coffrer ce type et ses acolytes!!!

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Commentaire par Curiace7

les supporters de Servette, Admira Wacker et Beira-Mar devrait creer un site-web tous ensemble, pour avertir les autres le risque de faire du business avec Majid Pishyar

comme ca il ne pourrait pas faire le meme chose ailleurs

!!!

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Commentaire par oliver

D’accord mais c’est pas la chose la plus simple à faire

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Commentaire par Xofi234

Il est nuisible à la société. Et les gens nuisibles, on les empêche de nuire.

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Commentaire par marc1968sfc

Il y a quelque chose que je n’arrive pas à comprendre. Quand moi, citoyen honnête, ait quelques francs de dettes chez Postfinance, je reçois une lettre de menace de leur part. Par contre lui, escroc confirmé, il peut se balader à travers le monde entier, foutre des entreprises et des familles dans la merde sans que personne ne lui dise rien?!
C’est toujours les pauvres qui doivent payer pour les riches, quand est-ce que cela changera?
La place de cet enfoiré est en prison.

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Commentaire par franck luvet

+1000000 je t’offre une bière ou un coca quand tu veux!

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Commentaire par adri85

+100000000
La bière est pour moi

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Commentaire par marc1968sfc

J’ai une question toute bête mais le stade, il appartient toujours a Majid ou au 32 group?? ou c’était dans le lot avec le club??

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Commentaire par Jack Bauer

je crois que le stade est loué par l’état de genève

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Commentaire par tony

La « gestion » pour 32 ans est devenue caduc lors de la cession de ces action au nouveau Président.

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Commentaire par marc1968sfc

Mais le stade appartient et a toujours appartenu à la Fondation du stade de Genève.

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Commentaire par marc1968sfc

Oui, effectivement, le SFC en a seulement l’exploitation. A chaque changement de président, le contrat peut être dénoncé par la Fondation. Elle ne l’a bien entendu pas fait au moment de l’arivée de Quennec.

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Commentaire par Germinal Walaschek




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