Les Enfants du Servette


Genséric Kusunga:  »J’avais un rêve, faire quelque chose pour les enfants de Genève » by Servetakis
mai 9, 2013, 00:44
Filed under: Chroniques partenaires, Interviews

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Notre partenaire Sharkfoot continue ses rencontres avec le Servette FC. Aujourd’hui, c’est Genséric Kusunga qui s’y colle!

Grâce au partenariat avec Joga Bonito, Sharkfoot a pu rencontrer le défenseur Servettien Genséric Kusunga.

Genséric sous le maillot du FC Bâle photo : mondedufoot.fr

                                     Genséric sous le maillot du FC Bâle
                                                 photo : mondedufoot.fr

Tu es au Servette depuis l’âge de 12 ans…

Même avant 12 ans ! Dès l’âge de 7 ans où j’étais à l’école de foot, toute ma formation a été au Servette FC  jusqu’à mon arrivée en équipe première.

Étais-tu un supporter, te rendais-tu au stade ?

Oui c’est clair ! En plus, j’habitais à Châtelaine à côté du stade des Charmilles. Malheureusement, je ne me rendais pas tout le temps au stade, mais comme j’habitais à côté, on pouvait entendre quand il y avait un but et en fonction de la réaction des supporters on savait si c’était pour Servette ou pas.

Tu as été champion avec les M-18 en 2005 et champion de première ligue en 2006. Quels souvenirs gardes-tu de ces deux titres ?

Ce qui est différent, c’est lorsque j’étais en M-18, nous étions un groupe d’amis, presque des meilleures potes. Après, en première ligue, c’était différent… C’était beau, clairement, mais différent. Il y avait la pression pour monter en Challenge League.

Comment se passe la signature de ton premier contrat pro ?

Je signe mon premier contrat pro à 17 ans. J’étais fier, c’était à l’époque de Sébastien Fournier (ex-vice-président) et Francisco Vinas (ex-président). Vraiment une immense fierté, se dire que tu es pro au Servette, dans le club de ton canton, car étant petit je ne pensais pas que j’arriverai à ce niveau-là.

Un souvenir de ton premier match avec le club ?

Le premier match que j’ai fait avec la première équipe était en première ligue face à CS Chênois et on gagne 3 à 2. En attaque il y avait Frédérique Besseyre, je le voyais plus petit que moi donc je me disais que je vais tout prendre de la tête et finalement je vois qu’il me prend tous les ballons… Pour un premier match, c’est assez perturbant, en plus tu joues à la Praille avec la première équipe, donc du stresses. Au fil du temps, le stress passe. C’était aussi une fierté ce premier match.

En 2010,  tu signes à Bâle. Tu as aussi reçu une offre de Valenciennes alors pourquoi avoir choisi le club Rhénan plutôt que de rejoindre la France ?

En fait, j’ai eu pas mal de propositions, que ça soit en Suisse ou à l’étranger et j’ai dit à mon agent que je souhaitais être assez vite fixé sur mon avenir. Je voulais être tranquille dans ma tête avant de partir en vacances. C’était le moment de prendre mon envol. L’offre de Bâle est arrivé fin mars 2010, il me semble, et en avril je signe déjà. En plus, c’était compliqué avec la direction de l’époque, ils me disaient qu’ils allaient me faire signer un nouveau contrat « on va te le faire, on va te le faire », j’attendais mais rien ne venait donc j’étais prêt à partir.

Et ton intégration au FC Bâle ? tu as été bien accueilli ?

Très bien, mon ami Cabral est là-bas, ce qui m’a aidé dans mon choix et le fait que je reste en Suisse aussi. Au départ, je me disais que je ne pouvais pas joueur dans un autre club Suisse que Servette mais le fait qu’ils aient la Ligue des Champions, qu’ils me voulaient vraiment, ils se sont déplacés… bon les autres clubs aussi sont venus me voir mais je sais pas, j’ai visité les installations et je me suis senti bien là-bas. Concernant l’accueil, j’ai été très bien reçu ce n’était pas compliqué grâce à Adelson Cabral aussi qui fait parti de la maison, il connait tout le monde donc il a pu m’aider à bien m’intégrer dans le groupe.

Quels souvenirs gardes-tu de ton premier match avec Bâle ?

C’était le premier match de championnat contre Zürich, il y a 1-1 à la mi-temps et le coach se tourne vers moi et me dit « Va te chauffer ! », je lui répond « Pourquoi? » (rires). J’y vais et je me chauffe. Sur le moment je me dis que je vais faire ça durant tout le match sans rentrer mais je vois le coach assistant qui vient vers moi et m’explique où je vais jouer et ce que je dois faire et là tu dis « Ouhh » (rires) Tu vois le stade de 30’000 personnes pleins ce qui change de ce que j’ai connu, le match est tendu en plus c’est un derby, tout le monde est sous tension. Je rentre, tout c’est bien passé et on gagne 2 à 1 à la fin.

Comment se passe de manière générale, ton expérience là-bas ?

Excellent, que des bons souvenir. c’est un club que je respecte beaucoup, ils ont fait beaucoup pour moi et c’est le club qui m’a fait découvrir l’Europe. Beaucoup de respect pour toutes ces personnes qui se dévouaient à ce FC Bâle, énormément d’amitiés s’est créée. Comme une famille ! Quand tu es dedans, tu te sens chez toi. C’est un bon club !

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                 Genséric avec son pote Cabral ainsi que Jaques Zoua et son bonnet bleu
                                                         photo : blick.ch

Tu parlais de ta découverte de l’Europe, tu as notamment affronté Manchester United, qu’est-ce que tu te dis dans cet instant ?

J’avais déjà joué des matchs européens avant ManU, l’Europa League aussi mais là, c’est comme la finale. Il faut gagner alors qu’on ne pensait pas du tout gagner finalement on l’emporte 2 à 0. Le coach te dit va t’échauffer, donc tu t’exécutes, tu ne penses pas que tu vas rentrer. Il y a 1 à 0, t’es un peu stressé mais au moment d’entrer je suis concentré et je ne pense plus à rien à part au match. Je pense pas que je vais rentrer à ce moment là. Surtout qu’il y a 1 à 0 donc tu sais que le coach va mettre un joueur plutôt offensif pour mettre le 2 à 0 mais dès qu’on a mit ce deuxième but grâce à Alexander Frei, je savais que je rentrerai car le coach me l’avait expliqué. J’étais préparé mais sans vraiment penser que j’allais vraiment faire partie de la fête.

Justement, tu parles d’Alex Frei, comment était-il au quotidien ?

La chose qui m’a surpris c’est que partout où nous jouions à l’extérieur, il était souvent insulté par les supporters. Je ne comprenais pas, je me disais que le gars il a tellement fait pour la Suisse et voir comment les gens l’ont traité…

Il était redouté…

Oui, je pense aussi. Surement une manière de le déstabiliser mais je me suis quand même dit quand il était avec l’équipe national, il aurait fallu un minimum de respect envers Alex. Sinon c’est une bonne personne, beaucoup de gens ont parlé en disant de mauvaises choses sur lui sans le connaitre, le connaissant c’est vraiment une belle personne. C’est dommage pour le football Suisse qu’il arrête et je pense que les gens regrette de l’avoir autant critiqué car lorsqu’il a dit stop, quasiment tout le monde voulait qu’il revienne sur sa décision. Il doit le prendre comme une victoire car ce n’état pas si facile que ça ce qu’il a fait dans le football.

En 2012, tu reviens à Servette, comment ça c’est fait ?

C’est grâce à Joao Alves. En fait, j’étais déjà en discussion avec Alves et on parlait souvent, il m’envoyait des messages ou passait par des joueurs par Xavier Kouassi par exemple pour savoir comment j’allais, il prenait souvent de mes nouvelles. Comme il a vu que je ne jouais pas beaucoup, il m’a demandé si j’étais chaud pour revenir au Servette. Je souhaitais m’imposer à Bâle mais finalement j’ai pris la décision de quitter Bâle et Servette était européen et j’avais vraiment envie de jouer donc revenir à Genève était la meilleure solution. J’aurais pu aller à l’étranger mais je n’étais pas sur de jouer et je ne pense pas que cela aurait été le bon choix pour moi à ce moment. Au moins, ici je connais les gens, le club me voulait. Je n’étais pas sûr de jouer car je dois quand même faire mes preuves aux entrainements. Le coach avait confiance en moi donc je me devais de lui rendre cette confiance.

Et que pensait Bâle de ce prêt ?

C’est un peu compliqué. Pour eux comme pour moi cela ne servait à rien que je reste surtout si c’est pour faire le nombre. Je m’entrainais normal mais un moment quand tu as une équipe qui tourne et qui gagne tout les matchs, tu ne peux pas en vouloir au coach, il a fait des changements, je jouais quand il faisait tourner mais tu voulais que je lui dise quoi?  Il nous fait gagner le championnat, la coupe et nous qualifie pour la Ligue des Champions, tu ne peux pas te plaindre, je viens d’arriver de Challenge League, je n’oublie pas d’où je viens. Je respecte tout le monde là-bas mais comme je t’ai dit pour moi comme pour eux, c’était mieux que je parte six mois voir une année pour revenir plus fort.

Si je ne me trompes pas, tu es prêté avec option d’achat…

Non, pas d’option d’achat. Un prêt tout simple.

Ils prennent des nouvelles de toi Bâle ?

Oui, j’ai des contacts avec certaines personnes. J’ai eu le directeur sportif il n’y a pas longtemps qui me disait qu’il regardait mes matchs mais franchement pour l’instant je ne pense pas encore à mon retour à Bâle. Je me focalise sur cette fin du championnat qui est importante pour Servette. Une fois que le sauvetage sera fait on pourra parler de mon avenir.

Quand tu rejoins Bâle en 2010, tu déclares que tu découvres un vrai club pro,est-ce que Servette a changé ?

L’absence de Majid Pishyar est une grande chose déjà, ce n’est pas le même budget et surtout l’année passée nous étions au bord de la faillite ! Il y a eu beaucoup de choses à reconstruire depuis que je suis là, je vois passablement de changement, de l’amélioration. Par moment c’est dur avec les salaires qui ne sont pas versés. Quand il est parti, il n’a pas laissé une petite dette donc ce que fait la direction est déjà magnifique

Mais sachant les quelques soucis que Servette avait eu, tu n’as pas eu peur de revenir ?

Non, car m’a principale préoccupation était de jouer et je ne pensais pas à ces problèmes. Nous, les joueurs, ne connaissons pas les dossiers notre boulot c’est de jouer. On s’occupe pas de trop des affaires internes mais des fois on apprend par les journaux qu’il y a ci ou ça, après c’est clair que nous savons plus de choses que les gens de l’extérieur.

Tu penses que ces histoires ont perturbé le groupe ?

On ne peut pas dire que ça ne fait rien. Quand tu t’entraines ou que tu joues, tu n’as pas le temps de penser à ça. T’es concentré sur ça. Alors peut-être qu’une fois l’entrainement ou le match terminé, tu te mets à réfléchir car tu as des factures a payer.

Comment juges-tu cette saison ?

Mauvaise. Si nous avions la solution ça ferait longtemps que nous l’aurions réglé. On cherche, on cherche. L’équipe elle est là… Certains disent qu’elle est trop jeune et qu’elle manque d’expérience mais je ne pense pas que ça soit ça. Beaucoup de chose ont joué contre nous, en début de saison on était onze blessés. C’est énorme ! Il fallait tout faire vite, le club qui faisait un max pour récolter de l’argent, un recrutement à faire, des joueurs qui partent. A peine la saison terminé qu’il y avait déjà les matchs Européens, tu reprends la saison avec des joueurs blessés. C’est pas facile même si nous n’avons pas tout le temps fait le job sur le terrain.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour décompresser dans ces moments-là ? Vous organisez des soirées entre vous ?

Faut faire attention, faut pas non plus que ta vie professionnelle te mine dans ta vie de tous les jours sinon tu risques de mal finir. Chacun a ces hobbys, chacun à ces passions nous avons fait deux-trois sorties ensembles mais après, chacun à ces occupations.

Parlons un peu de la sélection, tu as joué avec la sélection Suisse des M-21. Les seniors sont un objectif ?

Quand j’étais à Bâle, je sais qu’ils regardaient mes performances car au début je jouais pas mal de match. Quand tu es à Bâle, le sélectionneur te surveille. Tu sens cette différence qu’il y a entre Bâle par exemple et Servette, même le club te met en avant. Tu sens que tu es plus convocable à Bale plutôt qu’à Servette. En août, j’avais rejoint l’Angola avec qui j’ai fait un match amical, j’aurais pu jouer la CAN de février  mais  un problème de papier a fait que je n’ai pas pu. Il fallait renouveler les documents et le délai était trop court mais il y a encore des objectifs comme participer à la Coupe du Monde 2014.

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Genseric Kusunga (au milieu) avec ces associés Michel Fatana (à gauche) et Malik Mutumbo (à droite). Ne manque qu’Arnold Kamba.

Passons à un sujet qui te tiens à cœur, l’association Joga Bonito Genève. Pourquoi avoir choisi d’être devenu ambassadeur ?

J’ai toujours voulu…Enfin, on va dire un rêve… faire quelque chose pour les enfants de Genève concernant le foot, je pense que c’est quelque chose d’intéressant. Le foot c’est beau, donc j’ai envie de faire partager mon expérience et faire comprendre que le foot on peut s’amuser avec mais on peut aussi en faire une vie. Le foot est un sport, c’est jouer, prendre du plaisir c’est ça que représente Joga Bonito.

Comment s’est formé cette association ?

C’est pas moi qui ait eu l’idée. On en parlait avec des amis qu’il fallait faire un truc à Genève mais moi avec les entrainements je ne peux être présent tout le temps. Ils m’ont présenté ce projet en m’expliquant qu’ils avaient trouvé tel endroit pour faire un camp et là, j’ai pas hésité.

Pourquoi tout Genevois ?

C’est normal, tu viens de Genève. Pas tout le monde à la chance d’avoir fait des camps de football et tu veux aider les jeunes qui étaient comme toi. J’en avais fait un quand j’étais jeune à Servette, j’avais pris beaucoup de plaisir à faire ce camp.

Que vas-tu faire durant ces stages ?

Normalement, je serai là les premières semaines après cela dépendra de mes entrainements mais je vais essayer d’être présent un maximum. Je vais essayer d’aider tout le monde, d’être dynamique. Surement certains collègues viendront, en tout cas j’espère pouvoir amener certaines personnes mais avant on attend de voir le nombre de personnes qui seront présentes à ces stages et organiser tout ça. On va voir comment cela se déroule la première année afin de voir si on renouvelle ça et améliorer pour les éventuelles années d’après. Je pense que c’est un bon projet autrement je me serai pas lancé dedans comme ça.

Benjamin Fustier


Un commentaire so far
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Merci pour la publication de cette interview. Accessoirement, je la trouve un peu bizarre (quelques fautes indignes d’un journal comme Sharkfoot), mais bon…
Cette saison, Kusunga n’a pas (pu) vraiment montrer son talent pour l’instant. Peut-être qu’il pourrait constituer une charnière imperméable pour le sprint final…
Mais… « Au diable les belles phrases, place aux actes » comme on peut le lire sur le site off, et… Allez Servette !

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Commentaire par Michel




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