Sacré Marco !

SFC-Schaffhouse

Avec René Weiler puis Maurizio Jacobacci, le FC Schaffhouse mise ces dernières saisons sur d’anciens Grenats pour coacher son onze. Cette mode avait été lancée par un défenseur rougeaud, franc comme l’or, coqueluche du kop grenat…

Un latéral qui a du punch !

Lorsque Marco Schällibaum, triple champion de Suisse avec GC au début de la décennie, débarque à Genève à l’été 1987, il n’est guère dépaysé : la défense grenat dans lequel il est appelé à évoluer latéral est en effet exclusivement germanophone ! Devant le gardien Beat Mutter, trois nouveaux venus d’Outre-Sarine (Urs Bamert, Marco Schällibaum et Fredy Grossenbacher) viennent épauler le latéral liechtensteinois Rainer Hasler dans l’espoir de pouvoir palier le départ d’Alain Geiger, longtemps pilier de la défense servetienne, à Xamax. Le club neuchâtelois avait également fait les yeux doux au défenseur du FC Bâle mais Schällibaum avait opté pour Genève, évitant ainsi de devoir se frotter à la concurrence de Claude Ryf, un joueur qui lui barrera souvent la route en sélection nationale. Ce recrutement alémanique, costaud, tranche avec le vent de folie des recrutements servettiens des saisons précédentes. Le club grenat sort d’une saison où l’inconstance de sa défense ainsi que sa faiblesse dans le jeu aérien lui avaient coûté cher. On attend de Schällibaum qu’il muscle la défense des Grenats, tout en mettant aussi son punch au service de ses pénétrations offensives.

Schaellibaum 1987

De retour en équipe nationale

En quittant un FC Bâle moribond (les Rhénans seront relégués à l’issue de la saison), Schällibaum relance aussi ses actions en équipe nationale. Lancé le jour de ses 20 ans en sélection par Paul Wolfisberg, il avait capitalisé une vingtaine de matchs internationaux avant de quitter la Nati en catimini après l’élimination de la course au Mexique (novembre 1985). Après deux ans de disette, Daniel Jeandupeux l’aligne à nouveau comme titulaire en éliminatoires de l’Euro 1988 dès son premier automne grenat. Schällibaum est alors le dernier Mohican servettien en équipe nationale (Bamert s’en est retiré), son tempérament de feu n’empêchera pas un enchainement de défaites helvétiques. Schällibaum se console avec Servette : l’arrivée de Rummenigge a dynamisé l’équipe qui finit le championnat à un souffle du champion xamaxien.

1987-88_m_schaellibaum

Un but somptueux contre Groningue  

Le deuxième rang des Grenats leur donne droit à une petite escapade européenne au cours de laquelle Marco Schällibaum s’illustrera en reprenant de volée un ballon à l’orée des 16 mètres pour l’expédier avec la puisance de l’éclair dans la lucarne du portier des hollandais de Groningue. Cette ouverture du score sera malheureusement suivie d’un concert de ratés de ses coéquipiers Favre et Eriksen, Servette, cueilli en contre, ne parvient pas à refaire son retard de deux buts concédé à l’aller et quitte la compétition après avoir néanmoins éliminé les Autrichiens de Sturm Graz. En championnat, Jean-Claude Donzé ne semble pas pouvoir tirer le meilleur parti de son équipe qui finit le championnat en roue libre, en attendant pire…

Sous les feux de la critique

Lors du début de la saison 1989-1990, la défense servettienne comparait sur le banc des accusés. Servette piétine au classement, des erreurs individuelles sont payées au prix fort, Schällibaum, qui navigue entre le poste de stoppeur et celui de latéral, illustre le naufrage des Grenats : vite paniqué, parfois emprunté techniquement (les centres derrière le but…), l’athlète coulé dans le bronze se transforme parfois en méchant (vilain geste contre le Saint-Gallois Zamorano). Servette est brocardé dans la presse, les joueurs, suite à un vote, décident de boycotter les médias, le président Warluzel les convainc de se montrer plus conciliants. Schällibaum prend la parole : côté jardin, c’est un homme tranquille, qui vit près de la nature, est engagé dans le combat écologiste de Greenpeace,  côté cour, c’est la tête de turc des médias, un joueur qui semble s’amuse à collectionner des cartons jaunes et qu’une partie du public des Charmilles honnit, mais pas le kop qui ne retient que son engagement sans failles et son jeu explosif. De l’engagement, il en faudra encore : contre toute attente, Servette bascule dans le tour de relégation, le maintien est acquis à la force du poignet. Las, à l’issue de la saison, les dirigeants servettiens ne veulent plus leur turbulent défenseur, le placent sur la liste des transferts puis se ravisent…

1989-90_Schaelli (2)
Trop rare moment de joie lors d’une saison maudite !

Un ancien

Schällibaum disputera encore trois saisons en grenat, partageant avec l’infortuné Arne Stiel les sarcasmes de la presse lorsque Servette ne tournera pas rond. Dans le contingent grenat si souvent remanié, Schällibaum fait désormais figure d’ancien : seul José Sinval est arrivé avant lui. A l’issue de la saison 1992-1993, on veut à nouveau se débarasser de lui, les joeuurs se rebiffent, plaident pour le défenseur aux joues rougeaudes, Schällibaum restera grenat, six mois, un an. Le recrutement d’Andy Egli permet enfin de stabiliser la défense servetienne où le départ de Geiger n’a, bien des années après, toujours pas été compensé. A 30 ans, on reparle de la Nati pour Schällibaum mais Roy Hogdson ne fera pas appel à ses services. Avec Renquin à la baguette, Servette déroule en tête du championnat, puis la machine se grippe, Renquin est saqué, Schällibaum part finalement au FC Lucerne, l’année suivante, Servette est champion…

1992-93_marco-schaellibaum
Une belle saison pour ses adieux !

Entraîneur !

Alain Geiger, Andy Egli on retrouve un peu les mêmes noms (plus celui de Gérard Castella) une décennie plus tard au moment de désigner un successeur à Adrian Ursea (qui avait remplacé Morinini ad interim). A Schällibaum de redonner le feu sacré aux Grenats anémiques ! Le contexte est miné : le club a des soucis de liquidités, il faut intégrer des jeunes à l’effectif.

Schaellibaum 2003image002
Un retour chargé d’espoir !

Dans son rôle de juste combattant, Schällibaum a les faveurs du public, le SFC se maintient en haut du classement, son discours est apparemment passé et Kader enchaine les buts. Christian Lüscher refourgue le club à Marc Roger, sur la fin Servette s’essouffle un peu et cède la seconde place aux Young Boys. Schällibaum peut être fier du travail accompli. Il reste en poste… pour quelques mois. Le club grenat se transforme en auberge espagnole : 15 joueurs quittent le club, Schällibaum accueille parfois plus de 30 joueurs à l’entrainement, dans cette tour de Babel, son message ne passe plus. A un départ catastrophique en championnat succède une élimination prématurée en Coupe d’Europe contre Ujpest. Schällibaum est limogé sans qu’on puisse vraiment lui jeter la pierre, son salaire n’est aps honoré, la faillite n’est plus très loin.

Dans la belle province

Personnage haut en couleur, Schällibaum peut se targuer, outre son passage au Munot (2007-2008), d’avoir dirigé le FC Sion pendant six (!) matchs avant de se faire lourder, d’avoir été instructeur FIFA en Mongolie et de coacher dorénavant l’Impact de Montréal. Depuis janvier dernier au Québec, Schällibaum  a déjà été suspendu quatre fois par la Major League Soccer. Sacré Marco, va !

Jacky Pasteur et Germinal Walaschek

Dernières chroniques :

Au bout du suspense, au bout de l’ennui, un une-deux valaisan

EdS et Super-Servette : les noces de cuir !

L’ouvrage un peu d’Histoire : 320 pages pour vivre et revivre la longue épopée grenat !

Couverture et quatrieme de couv

5 réflexions sur « Sacré Marco ! »

  1. Et les images de Barlie retenant comme il pouvait un Schallibaum franc fou et écarlate voulant exploser les arbitres du moment, qu’est ce qu’on se marrait bien en ce temps là !
    Le spectacle était en permanence sur le banc 🙂

    J’aime

  2. Quand Schallibaum était entraineur du Sfc,je montais
    souvent au Evaux voir les entrainements.C’était du
    spectacle,combien de fois j’ai vu Schalli devenir écarlate,
    et s’en prendre a un de ces joueur qui avait manqué
    d’engagement a l’entrainement,Quand on regarde la suite
    de sa carrière au Canada,on remarque que Schalli n’a
    pas perdu son caractère explosif.Un gars bien,intègre
    et droit,un superbe souvenir pour les supporters grenats,
    autant comme joueur que comme entraineur.Si on avait
    plusieurs joueurs au Sfc avec son tempérament,on en serait
    pas la pas aujourd’hui.

    J’aime

Répondre à valid Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.