Le match sous la loupe : Servette-Bâle

Après 3 victoires consécutives, un net regain de forme, des perspectives positives dessinées par le retour à un collectif grenat plus performant et mieux relié, le match qui se profilait face à l’une des deux grandes écuries du championnat, avait véritablement valeur de test ce dimanche à la Praille.

Un Servette joueur

Le match n’aura pas permis de séparer deux équipes, dos à dos sur le coup, repartant chacune avec une unité supplémentaire au compteur, mais démontrant toutefois une personnalité bien différente.

D’un côté, un Servette FC joueur, imposant sa présence, (ré)animé par de nouvelles velléités. De l’autre, un FC Bâle autosuffisant, jouant à de brefs moments, mais décisifs, de son potentiel, de son caractère, de sa conviction et de son assurance d’être supérieur. On aura, sans chauvinisme exacerbé, préféré l’esprit et le jeu grenat. En cela, il n’aura manqué que les 3 points, qui auraient été finalement mérités. Pour l’intention, tout du moins. Mais aussi pour l’envie, le culot, les prises d’initiatives.

Au-delà du résultat, il y a tout de même certaines vérités qui se dégagent de ce match. Celle d’un Geiger qui s’est remis en question. Au moins en partie. Amenant certaines variations dans son système de jeu depuis quelques semaines, en imposant un bloc plus bas, et un jeu de transition plus rapide. Le but recherché apparaît évident : renforcer deux points trop souvent défaillants durant le dernier trou noir rencontré par le Servette FC, à savoir la solidité défensive et la présence offensive. Et ça fonctionne. Les Grenat sont désormais plus solides, et beaucoup plus vivants et animés en zone 3. Il l’auront remarquablement démontré durant la première demi-heure de cette rencontre, surpassant le FC Bâle, et rappelant mêmes les belles heures de son jeu légendaire. Il y avait quelque chose, là, d’assez grisant, faut-il l’avouer.

Des joueurs décisifs

Ces qualités retrouvées doivent également beaucoup à l’apport de joueurs de classe, que le contingent possède en son sein. Si l’exceptionnel Stevanovic est évidemment toujours cité, il convient de saluer, cette fois-ci, les bénéfices apportés de la part du triangle médian français (Douline – Valls – Cognat), dont la complémentarité permet au jeu grenat de retrouver de sa splendeur.

Il convient également de citer Ronny Rodelin, dont la mission qui consistait en la lourde tâche de remplacer un Kyei en forme, aura été relevée de manière exemplaire. Mieux, Rodelin aura, si besoin était, prouver qu’il n’est rien d’autre qu’un attaquant, et qu’à ce poste, il peut amener des qualités qui s’inscrivent en parfaite complémentarité avec celles des autres attaquants du contingent. Citons, son intelligence de jeu, son expérience, son calme, son aisance technique. Le bonhomme ne totalise quand même pas, à son actif, plus de 200 matches de Ligue 1 par hasard.

Si le tableau dépeint confirme l’embellie des locaux, tout n’est cependant pas encore parfait. Ce serait trop simple. Ce manque d’efficacité dans la zone 3, encore et toujours, aura probablement coûté en grande partie 3 points qui semblaient promis. Il y a également cette relative faiblesse dans l’alignement défensif, qui par le biais d’erreurs de jugement et de placement, fragilise toujours autant un édifice grenat trop enclin à s’effondrer à la moindre pression adverse. 2 buts encaissés, à nouveau. C’est trop. Et trop souvent.

Des changements trop tardifs ?

Il y aussi ces choix. Ces changements en cours de match. S’ils semblent être survenus trop tardivement (une fois n’est pas coutume), ils n’ont pas été complets (seuls 3 joueurs sont entrés), et surtout pas très cohérents. Ainsi, Antunes, à nouveau entré au-delà de la 82e pour un Imeri qui tutoyait depuis un moment, agacé, les avertissements de l’arbitre, aura dû se placer à gauche. Lui qui est tellement meilleur dans l’axe, sa place naturelle.

Schalk sera entré pour rien. Puisqu’il ne restait que 2 minutes de jeu. Quant à Oberlin, entré, lui, à sa place, il aura montré à quel point il se situe encore si loin de son véritable niveau. Fallait-il dès lors le faire entrer si vite? C’est en alignant du temps de jeu qu’il pourra retrouver sa forme, cela semble certes évident. Mais devrait-il passer par jouer avec la réserve pour cela?

Outre les choix, il y a aussi ce coaching. Menant d’une unité, n’aurait-il pas fallu densifier la défense à l’approche du dernier quart d’heure, en introduisant un défenseur axial supplémentaire, par exemple. Rouiller et Séverin étaient disponibles. Sauthier aussi. Lequel aurait pu remplacer, à un moment donné, un Diallo qui s’affirme, mais qui semble toujours plus être un demi droit qu’un latéral (joue-t-il, lui aussi, à sa vraie place?). Les deux valaisans sont-ils désormais amenés à disparaître face aux changements apportés par leur entraîneur, et condamnés par la rigidité toujours présente de celui-ci dans certaines situations et par de nouvelles certitudes par trop figées?

On se contentera de soulever ces questions. D’ajouter celle d’Imeri. Si fort dans l’axe, et pourtant décalé à gauche. S’il était parti de l’axe, nul doute qu’il aurait marqué le 3e but, lors de cette nouvelle offrande de Stevanovic.

On ne cherchera pas de réponses affirmatives, tant la vérité grenat réserve des surprises. On retiendra cette performance qui confirme le renouveau grenat. Le Servette FC a passé son test, et l’a réussi.

Il reste toutefois ce déplacement à Lucerne pour valider définitivement la copie. Et là, gare au relâchement ! Si les Grenat s’animent et brillent toujours dans ce qui s’apparente à des défis, ils ont démontré davantage de peine, par le passé, à faire preuve de splendeur face aux derniers de classe. Il serait fâcheux de passer à côté de ce déplacement lucernois, et de tomber dans l’écueil du piège classique, tendu aux trop sûrs d’eux.

C’est aussi au travers d’une victoire au terme d’un match dans lequel ils partent favoris, que les servettiens pourront confirmer leur potentiel et leur progression, et affirmer définitivement leur caractère. Celui qui peut faire d’eux un membre du top5 suisse.

GrenatDC

9 réflexions sur « Le match sous la loupe : Servette-Bâle »

  1. T’as oublié de préciser que l’état du terrain était de la faute de geiger. Pour le reste c’est un sans faute pour lui chercher des poux alors qu’on a vu probablement le meilleur match de servette cette saison.
    L’apothéose c’est Imeri qui aurait marqué le 3ème s’il avait joué au centre. Je te suggère de troquer le detective à la loupe par une image de madame soleil avec une boule de crystal.

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    1. Et toi, peut-être que si tu te décentrais de ton côté pro-Geiger, on pourrait commencer à discuter comme des adultes. Non?
      Petit rigolo, va.

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  2. Le problème n’est pas tant de replacer au centre Imeri, mais qui mettre à gauche et qui sortir au milieu ? Actuellement et en attendant le retour de Fofana ou Oberlin (à court de forme visiblement), c’est la moins mauvaise solution.
    Et après qui sortir au milieu ? Cognat, Valls, Douline ? Le problème, c’est qu’on a abondance de bien au centre et la remarque vaut aussi pour Antunes.
    Y’a bien Cognat qui avait dépanné plutôt bien à gauche y’a deux-trois saisons, mais est-ce que la rocade avec Imeri serait bénéfique pour l’équipe ? Bref, vraiment pas simple à gérer pour le staff.

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  3. Geiger ne s’est pas remis en question. Et la direction (Besnard et Senderos) n’ont pas remis en question Geiger, ils connaissent le foot et ont bien compris que Geiger n’était pas responsable de la mauvaise série de matchs de novembre.
    On a le plus petit budget de la ligue, Cognat a beaucoup manqué, beaucoup de cadres étaient en nettes baisse de forme donc on était moins bons derrière et devant. Aussi un peu de malchance et les arbitres nous ont coûté quelques points comme à saint gall.
    Depuis quelques semaines Cognat est de retour, les cadres sont à nouveaux en forme. Imeri a marché sur l’eau sauf contre Bâle. Douline s’est beaucoup amélioré. Diallo et Rodelin aussi. Un brin de réussite parfois, des arbitres qui font bien leur boulot.
    En bref on n’était pas aussi mauvais que ça en novembre et un poil moins parfait qu’on le croit depuis un mois.
    Et Geiger fait bien son boulot compte tenu de l’effectif qu’il a à disposition.
    Un des meilleurs de super league. S’il reste aussi longtemps en place ce n’est pas seulement parce que notre direction est plus mâture et connaisseuse de foot que le clown de Martigny, mais parce qu’il a d’excellentes compétences.
    Il n’est pas parfait, mais s’il l’était il coacherait un grand club européen.

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