Le système défensif de Servette (1 ère partie)

Vous n’êtes pas sans ignorer que Jocelyn Gourvennec hésite toujours entre 3 et 4 défenseurs. La faute est due à Mike et Grenat DC qui n’arrêtent pas de prôner l’un ou l’autre de ces 2 systèmes (je blague)! On leur donne la parole pour exprimer leur point de vue.

Mike:

Pourrais-tu décrire rapidement ta passion grenat:

Tombé amoureux vers l’âge de 10 ans, mon premier match début années 90 contre Aarau (2-2) en Tribune B aux Charmilles évidemment. Servette à l’époque c’était beaucoup de match suivis à la radio (mythique voix). Mon second « titre » à la Pontaise en famille parti sans billets… 

Papa de petit enfants (2 et 4), j’ai troqué l’odeur de Kebab de la Tribune CFF des Charmilles contre le confort du Salon 1890, cela me permet de continuer à suivre mon club de coeur. Le petit a dernier a déjà le virus (le maillot avec le dernier logo surtout).   

Pourquoi es tu un adepte de la défense à 4

Je suis pragmatique. Servette a presque toujours joué à 4 derrières et c’est comme ça que jouent nos juniors. La défense a peu changé ses dernières années mais l’équipe a perdu en qualité (départs Tsunemoto, Kutesa, Crivelli) et le vieillissement de l’effectif n’aide pas. 

Mazikou, Séverin, Rouiller se connaissent par coeur. Cognat, Douline devant eux aussi. Les xG au début de Gourvennec ont presque toujours été en notre faveur avec une défense à 4 mais pas les résultats. 

Qui vois tu dans les 4 ?

Mazikou, Séverin, Rouiller et Allix (en attendant Loun). Le public aime critiquer Mazikou mais il reste un des meilleur latéral gauche de Suisse sur le plan défensif (voir stats dernières saison – n°2 dans plusieurs catégorie derrière l’intouchable bâlois Schmid). Séverin malgré sa mauvaise saison parce qu’il fait la paire avec Rouiller et ils se connaissent à la perfection. 

Est-ce un problème d’effectif actuel pour ne pas devoir jouer à 3

Oui et non.

Oui parce qu’on a pas de piston à droite. Srdanovic aurait été merveilleux dans ce rôle. Magnin aurait pu s’y coller avec sa capacité à faire 10000km par match mais certainement pas Mendes. Le rôle est tellement important qu’on ne peut se permettre de le confier à un boulet.  

Non, pour les raison évoquées plus haut. Rouiller et Séverin se marchent dessus (voir Winti). Mazikou n’est pas un défenseur central gauche (terrible à ce poste).

Derrière question, comment juges tu le Servette actuel 

Comme la majorité, mauvais. Joss a des circonstances atténuantes (départs non compensés, mauvais transferts, effectif très vieux, blessures…) mais aussi sa responsabilité (volonté de jeu court, absence de pressing, peu de présence dans les 16m adverses, jamais 5 changements, compositions fantaisistes).

Le 442 classique vu contre Zurich me plait. J’ai senti l’équipe mieux en place. Mazikou a fait un très bon match par exemple. 

Les seules variables c’est l’attaque à un ou deux (Ayé seul / Guillemenot +1) et les joueurs sur les ailes (Kadile ou Njoh /Micha ou Lopes). Il faut retrouver de la simplicité dans notre jeu pour que les joueurs reprennent confiance. 

Aller Servette !

Demain la vision de Grenat DC

11 réflexions sur « Le système défensif de Servette (1 ère partie) »

    1. Merci !

      Ce n’est pas très développé. Mes réponses initiales faisaient le triple… mais Obra m’a demandé de raccourcir donc ça perd un peu en substance. Simple constat que beaucoup partagent il me semble (défense à 4).

      • pas de piston droit
      • pas d’automatismes / majorité des joueurs « formatés » à une défense à 4 depuis plusieurs saisons
      • on défend mal à 3 (stats défensives depuis le changement)
      • on ne se crée pas une montagne d’occasions dans un système à 3 défenseurs

      Dans la théorie avec un bon piston (Loun aurait été le candidat parfait vu la qualité de ses centres, débordements, l’intensité de son jeu en général) un système à 3 avec deux attaquants semble séduisant mais on a déjà tellement de mal avec un système qu’on maitrise que j’ai vraiment pas envie d’innover. A la rigueur si/quand on sera loin de la 11e place.

      Retour aux bases donc… 433, 4141, 442 (à plat ou losange), 4231… les variantes ne manquent pas.

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  1. Une défense à 3 ne s’improvise pas à la louche. Il faut que cela soit bien fait, qu’il y ait des automatismes, que nous ayons les joueurs pour. Ce n’est absolument pas le cas de notre effectif, ni notre style de jeu. Nos (vieux) défenseurs sont habitués à jouer à 4, on ne peut pas tout chambouler. On l’a bien vu à chaque fois que JG a aligné 3 défenseurs : la cata. Une stabilité doit être retrouvée, et elle passe par une défense à 4.

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  2. Très bonne analyse.

    À mon sens, le problème actuel du Servette FC trouve en grande partie son origine dans la manière dont les transferts ont été menés ces derniers mois. En réalité, ils ont été réalisés par deux structures différentes, sans véritable continuité stratégique.

    Deux logiques de recrutement

    La première correspond à la période dirigée par René Weiler, avec l’appui de Raphaël Häberli. Dans ce cadre, plusieurs joueurs ont été ciblés : Morandi, Mraz, Njoh et Dylan Bronn. Même si certains ont signé après le départ de Weiler, ces recrutements étaient clairement issus de sa volonté et de sa vision sportive.

    Le cas de Bronn est révélateur : il connaissait déjà Weiler, pour avoir évolué sous ses ordres lors de la victoire en Coupe de Suisse en 2024.

    Dans la même logique, au printemps 2025, Weiler s’était même déplacé au Japon afin de nouer des contacts avancés avec deux joueurs japonais. Ces discussions étaient déjà bien engagées au moment de son départ.

    Une commission sportive sans continuité

    Après le départ de Weiler, une commission sportive a pris le relais, notamment composée de Philippe Bonneau et Alain Geiger. Cette structure s’est appuyée sur le réseau de Bonneau pour poursuivre le recrutement.

    Mais c’est précisément là que se situe le problème : cette commission ne semble jamais s’être réellement interrogée sur la compatibilité entre les joueurs recrutés précédemment et ceux arrivés ensuite.

    On se retrouve ainsi avec une accumulation de profils issus de logiques différentes. Autrement dit, une agrégation de joueurs dont la complémentarité n’a jamais été véritablement pensée. Et c’est probablement là que se situe le nœud du problème.

    Il y avait la possibilité de se profiler pour di Giusto qui aujourd’hui est presque à un point par match et qui contrairement à Morandi, a toujours tiré ses équipes comme cela a aussi été le cas à Winterthur alors que l’équipe se battait pour ne pas descendre lors de la saison 2024 – 2025. On voit aujourd’hui son impact à Lucerne malgré un Lucerne qui a connu de grandes difficultés.

    Un réseau affaibli

    Il faut également rappeler que le réseau de Bonneau, historiquement proche de Didier Fischer, n’est plus celui qu’il possédait lors de son premier passage au Servette. À l’époque, il bénéficiait encore des connexions issues de Olympique Lyonnais, qu’il venait de quitter.

    Lorsqu’il est revenu au club genevois, la situation était différente : beaucoup de temps avait passé et il sortait de deux années sans contrat. Son réseau semblait donc nettement moins étendu.

    Dans cette logique, la venue de Jocelyn Gourvennec est également une proposition issue de Bonneau.

    Le cas incompréhensible de Von Moos

    Un autre exemple illustre les incohérences de la politique sportive : celui de Julian von Moos.

    Le joueur avait été recruté par Servette pour préparer la succession de Miroslav Stevanović. Mais une blessure en février 2025 l’a tenu éloigné des terrains pendant tout le premier semestre de l’année.

    Pourtant, dès son retour à la compétition, le club décide de le prêter avec option d’achat au FC Luzern. Or, il réalise actuellement une très bonne saison.

    Cette décision interroge profondément : pourquoi se séparer, même temporairement, d’un joueur recruté précisément pour préparer l’avenir à ce poste ? Une absence de vision globale

    Au final, le constat est assez clair : Servette semble avoir perdu la cohérence de sa stratégie sportive. Les recrutements ont été effectués par deux structures différentes, avec deux logiques distinctes, sans véritable articulation entre elles.

    Résultat : un effectif constitué par additions successives, sans réflexion globale sur la complémentarité des profils. Et c’est très probablement là que se situe l’une des racines des difficultés actuelles du club.

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    1. Un grand merci pour ce retour très complet que je partage entièrement. Une grande explication des problèmes servettiens découlent de ce que tu relèves.

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    2. Un grand merci pour ce retour très complet que je partage entièrement. Une grande explication des problèmes servettiens découlent de ce que tu relèves.

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