« Rassurer Servette ». Sans rire ?

Alors que la République bouillonne du côté des supporters grenats, une pseudo majorité populaire mal informée, ou plutôt désinformée par le « grand » quotidien genevois, pourtant partenaire media du club, semble se dégager en faveur de l’ETG FC en nos murs grenats. Patrick Trotignon, Président du club savoyard, veut calmer le jeux. Pour mieux avaler le SFC ?

La Praille bientôt française (photo-montage : EDS)

Tromignon, le retour

2 juin 99 : le SFC était sacré champion de Suisse contre le LS pour ce qui reste le dernier titre obtenu par un club romand. Patrick Trotignon était de la (monumentale) fête, lui qui avait façonné, avec les moyens de Canal +, un Servette irrésistible qui avait une année plus tôt atteint les 8ème de finale de la coupe UEFA.

Patrick Trotignon, à l’époque en direct de Valence avant le 8ème de finale UEFA : http://www.tsr.ch/video/emissions/archives/classe-eco/902287-interview-de-patrick-trotignon-directeur-general-du-servette-fc.html#id=902287

Quand Canal + se désengage du SFC, la chaîne française ne manque pas de laisser au club grenat un certain nombre de casserolles (à savoir de gros contrat longue durée) qui ont contribué à amener le SFC dans les mains d’un certain Marc Roger, gestionnaire hors paire.

Aujourd’hui, alors que le SFC commence à renaître à ses ambitions passées, Patrick Trotignon a changé de camps. Parti de Châteauroux et de son unique giratoire (sans rancune Patrick), l’ancien dirigeant grenat revient en cette terre genevoise qu’il n’aurait jamais voulu quitter. C’est Edmée qui va être content. Cette fois à la tête d’un club congloméré, sponsorisé par une grande multinationale (non je ne ferai pas de publicité gratuite) et au bénéfice d’un budget dont les droits télévisuels représentent à eux seuls ni plus ni moins que le budget annuel du SFC.

Interrogé par la TDG, Patrick Trotignon tente de rassurer le SFC : « Aujourd’hui, je veux apporter un bémol à tout ce que je dis, car il faut que l’on ait une discussion franche avec les dirigeants du Servette FC pour les rassurer. Ils n’ont aucune raison de s’inquiéter de notre venue dans «leur» stade. On n’a pas le même public, pas les mêmes partenaires commerciaux, pas le même championnat. Je crois sincèrement que nous pouvons trouver un «modus vivendi» avec Servette sans leur faire de l’ombre»« .

Le public

Le SFC et l’ETG n’auraient pas le même public. Certes, tant et si bien que l’ETG n’en a pas encore vraiment un. Toute autre est le raisonnement en terme de potentiel public de l’ETG à Annecy ou à Genève. En effet, un club de L2 qui joue à Genève ne manquera pas d’intéresser le Genevois lambda friant de foot, événementiel ou non. Or, ce dernier n’a pas un portemonnaie extensible et, devant sa fidélité peu marquée à un club grenat en reconstruction, se verra forcément confronté au choix du match du week-end.

Une banderolle explicite de la SG à l’attention de Patrick Trotignon

Nier que l’ETG peut piquer du public au SFC relève sinon de la bêtise, de l’hypocrisie. Ca n’est en effet pas pour amener les Savoyards que l’ETG fait de la pub sur Yes FM, radio…genevoise. De même quand Patrick Trotignon invite les Genevois à Moynat (leur stade) en clôture de l’interview qu’il accordait à Michel Robadin sur Radio Cité.

Les partenaires

Le raisonnement n’est pas très différent s’agissant des partenaires, mais à l’inverse cette fois-ci, car le SFC souffre d’un manque de soutien flagrant des millieux économiques genevois plus intéressés à rejoindre le troupeau aux Vernets qu’à soutenir un club centenaire qui reste le second plus titré du football suisse. Mais là aussi, le problème devient plus complexe en terme de recherche de nouveaux sponsors, primordiale pour l’avenir du SFC. Or, un sponsor potentiel sera lui aussi amené à se poser la question de sponsoriser un club, certes français, mais avec une visibilité médiatique plus importante (merci la TDG) que celle d’un club genevois qui est en train de se faire bouffer tout cru par ses propres édiles.

En outre, la situation actuelle donne une très mauvaise image du SFC : elle montre son impuissance face à une situation qu’il rejette et rappelle sans ménagement que le SFC actuel ne peut faire tourner « son » stade tout seul. Elle donne également la possibilité à la Fondation de continuer à gérer son stade dans des conditions contraires aux intérêts du SFC qui ne peut compenser les faibles droits télévisuels suisses qu’en bénéficiant de l’exploitation complète du stade, comme à YB. Mais aujourd’hui, le SFC ne dispose pas de loges à proposer à ses éventuels sponsors, et doit rétrocéder une importante part des recettes publiciataires à la Fondation du Stade.

Un stade bientôt complètement rose pour les Grenat

Le championnat

Entre la L2 et la CL, il n’y a pas photo, tant sur l’attractivité des équipes les composant que sur leur qualité intrinsèque. Certes l’identification nationale joue encore un rôle au niveau des supporters, mais plus beaucoup au niveau des talents de la région qui voient se profiler un club intéressant sur le même terrain de jeu autrefois réservé au SFC. Que Genecon pense que cela puisse permettre une quelconque synergie au niveau de la formation démontre bien sa méconnaissance du football. Dans ce domaine, il n’y a pas de règle, pas de pitié. Demandez au PSG qui a vu partir Anelka pour quelques indemnités de formation tout au plus.

Concurrence directe

L’ETG est un concurrent direct pour le SFC. Et un concurrent sérieux aux moyens financiers imposants, à défaut de tradition. Nier cette évidence revient à oublier que l’argent est toujours le nerf de la guerre, encore plus dans le foot d’aujourd’hui.

Il faudra donc plus que de bonnes paroles et une poignée de main pour rassurer les dirigeants grenats sur qui les supporters servettiens reportent tous leurs espoirs de jours meilleurs.

Et si c’était le SFC qui décidait de s’exiler ? Post tenbras Lux, alleeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeez Servette !

Par le Prince Igor

25 réflexions sur « « Rassurer Servette ». Sans rire ? »

    1. Non mon Prince alors il y a ….tdg, tdg, et tdg..
      si non il y a la Tribune de Genève..Et c est quand même incroyable…des lires les magnifiques articles des mes collègues vous êtes les meilleures je vous adore.

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  1. Je vais rajouter ma voix aux flots de félicitations que vous recevez déjà. Encore un article super bien écrit avec une analyse pertinente. Continuez comme ça, je bois littéralement quotidiennement votre site !

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  2. Cela fait bientôt 15 ans que j’habite à l’étranger, je peux grâce à vos articles ainsi qu’à la nouvelle radio suivre les rencontres et me sentir fan active ! Votre investissement, vraiment génial, est à la hauteur de ce club. Vous avez raison de rappeler qu’il faut avoir l’amour du maillot. Servette même en challenge league, c’est toujours Servette ! Bravo! Si t’es fier d’être Servettien tape dans tes mains ! A nous la super league, cette fois c’est pour demain !

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    1. La TG n’a pas de responsabilité directe, mais une influence indirect sur ce que peuvent penser les genevois car c’est leur première source d’information. Si la TG dite : L’ETGFC amènera du monde au stade de Genève ou qu’elle dit : Les coups de sécurités seront pris en charge par nos impôts, alors la vision du genevois vis-à-vis de l’arrivée de l’ETGFC change. Les médias ont un pouvoir, il ne faut pas l’oublier…

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    2. Mais non, tu ne comprends pas.

      Je résume :

      – soit la TDG n’a pas compris que la venue de l’ETG n’est pas dans l’intérêt du SFC, et là il faut changer de métier ;

      -soit la TDG a compris , mais ne le dit pas, pour des raisons qui ne regarde qu’elle (ou eux), ce qui signifie à tout le moins qu’elle se fout de défendre l’intérêt du club ;

      Dans les deux cas, la TDG ne brille pas par sa compétence ou da sa position.

      Mais non n’avons jamais dit que la TDG était responsable de la venue de l’ETG… Nuance…

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  3. Bon, je viens de regarder le nom des équipes composants la ligue 2 française: à part Nantes et Metz, je ne vois vraiment pas un genevois moyen se rendre au stade pour voir ETG contre Tours ou Istres!

    Pas trop d’inquiétudes à avoir à mon sens sur ce plan. Par contre, on risque bien de voir jouer SFC à des moments folkloriques, tant le risque est grand que la Fondation se couche devant le calendrier français!

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  4. rien que de voir la couverture de la tribune aujourd’hui ca m énerve… ces mangeurs de yaourts et buveurs d evian me tapent sur le système point barre!Et P.T. avec sa synergie il me fait bien rire quand on voit ce qui s est passé pour les clubs de la région frontalière…Quel opportuniste quand meme.Platini peut il y mettre son veto???

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  5. Félicitations pour votre article sur la situation actuelle.
    En ce qui concerne la TDG il est vrai que leurs pseudos journalistes sont d’une nullité affligeante. J’en veux pour preuve que lorsqu’ils pondent un article relatifs à un soi-disant fiscaliste expert-comptable franco-suisse ils laissent passer sans sourciller le fait que ce dernier prétende que la TVA rapportera des recettes supplémentaire au canton alors qu’il s’agit d’un impôt fédéral !! Pour le surplus comparer l’impact financier en faveur de Genève
    de la venue du FC Danone avec le salon de l’auto relève tout simplement de l’incompétence. J’espère simplement que la journaliste qui laisse publier de telles âneries est mignonnes car on pourra lui pardonner !!

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  6. Tout en respectant l’avis de tout un chacun, je suis quand même surpris des réactions épidermiques que suscite la venue – en principe pour trois ans – du petit club provincial français ETG FC. De quoi avons-nous peur ? De l’état du gazon ? Il y a quantité de stades qui hébergent 2 clubs (San Siro, l’Olympico à Rome,
    l’Allianz Arena à Munich) sans que cela pose de grands problèmes. L’ETG va nous prendre du public ? Imaginez-vous vraiment les genevois se rendre par dizaine de milliers à La Praille pour voir Laval, Istres ou Vannes ? Il faut en outre savoir qu’à part le dernier match contre Cannes
    (4’500 spectateurs), l’ETG n’a que rarement rassemblé plus de l’500 personnes dans son stade.
    C’est possible qu’en Ligue 2, la nouveauté aidant, ils en aient un peu plus, surtout s’ils sont bien classés, mais ça m’étonnerait qu’on arrive souvent aux 7’000 espérés.
    Le calendrier de Ligue 2 sortant avant celui de Challenge League, cela permettra à la Ligue ntionale et au nullissime Isoz d’en tenir compte.
    Ceci dit, on ne saurait reprocher à la LN de ne pas encore avoir établi le calendrier. Il faut connaître quelles équipes seront promues de 1ère ligue et les finales n’ont pas encore commencé !!
    Enfin, je pense que la redevance que devra payer l’ETG (on parle de 500’000 Euros) sera la bienvenue pour la fondation qui ne doit quand même pas nager dans le fric. En outre, si on a si peur de l’ETG, il appartient à nos dirigeants d’en tirer les conclusions qui s’imposent et renforcer le SFC de telle manière que les résultats obtenus et le jeu présenté enlèvent toute velléïté d’aller à La Praille quand Servette n’y joue pas. L’ETG, c’est comme Sion: on s’en fout !

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    1. Le problème principal est que la venue de l’ETG met en veilleuse les négociations entamées par le SFC avec la Fondation du Stade pour reprendre la gestion de la Praille, élément indispensable à la pérennité du SFC…

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