Artic, l’expatrié g’nevois à London

Les EDS donnent aujourd’hui la parole à Artic, fan grenat de son état, exilé à Londres depuis plusieurs années. Alors, vous aimeriez bien savoir comment un servettien pur souche fait pour survivre dans la « City » et par quels stratagèmes il parvient à amadouer les fans anglais avec le SFC? Artic vous dit tout…En avant l’artiste…

« Genève, ville internationale. Londres l’est aussi. Genève, ville de football. Londres est sa capitale. Ici, un samedi sans aller au pub, c’est comme ne pas se rendre au bureau de vote un dimanche a Genève: on n’a pas pu échanger les dernières nouvelles du front, on culpabilise et on se dit que son camp va perdre a cause de soi.

L’erreur ne se reproduira pas. Tu deviens un pilier de bar, que tu choisis bien sûr en fonction de son affiliation au club de ton choix. Les crânes rasés te reconnaissent alors et t’offrent une pint dégoulinante a ton entrée. A toi de retourner la monnaie au moment propice. De toute façon, les occasions ne manquent pas, et ton geste sera le bienvenu. Le contact est facile, tant que tes connaissances footballistiques sont à la hauteur de tes talents diplomatiques. Ici, tu réfléchis deux fois avant d’émettre un jugement sur un joueur ou sur une équipe, car l’histoire du foot anglais regorge de mythes, d’ennemis, d’alliances, et d’anecdotes que tu n’as aucune chance de soupçonner, et qui ne s’apprennent qu’au cours de longues soirées arrosées.

Si le gros bras a l’écharpe bleue méconnaissable t’interpelle de son accent cockney, et te demandes qui, des verts ou des rouges tu soutiens, bottes en touche. La meilleure répartie possible est de parler du Servette, la seule équipe pour laquelle tu tiennes vraiment. En effet, il sera touché par ton sens du dévouement, et n’aura, a première vue, pas de raison de te défenestrer. Alors enfin tu pourras lui parler de cette équipe dont il a déjà vaguement entendu parler, de son palmarès unique, et de sa situation actuelle. D’une tape amicale, il lance « Long Live Servette ! ». Vos verres se choquent, et une vague de Guinness s’écrase sur tes grolles.

Il t’emmène devant l’écran, et commence un cours sur le club de son cœur. Mais pas seulement. Il connait les montants de chaque transfert des dix dernières années. Il a l’air si sur de ses pronostics et ses arguments sont si convaincants que tu le suis chez le bookmaker du coin. Les affiches de la semaine sont plus qu’alléchantes. Chelsea, Arsenal et Tottenham se battent pour les deux plus beaux trophées du foot européen. Si l’accès au stade est trop cher, va voir Fulham ou West Ham, l’ambiance te rappellera qu’il y a peu de temps, c’est toi qui te mélangeait a une foule en délire entre quatre murs en tôle ondulée couleur grenat.

La réelle différence entre Genève et Londres, c’est ca. Lorsqu’une équipe descend, quatre autres montent. Mais les vrais passionnés ne changent pour rien au monde de maillot, et c’est ce qui fait que je porte haut les couleurs du Servette dans les pubs de la capitale.

This Is Football.

Artic« 

4 réflexions sur « Artic, l’expatrié g’nevois à London »

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