25ème journée : FC BASEL – SERVETTE FC : 5-0 (1-0). Le match sous la loupe

Les servettiens restaient sur 16 défaites consécutives essuyées face à l’ogre bâlois. Aussi, ce déplacement au St Jakob Park s’apparentait à l’ascension de l’Everest. Déplacement redouté comme la peste, le voyage chez les futurs champions de Suisse avait en effet tous les ingrédients pour promettre l’enfer aux Grenat. Au-delà de l’opposition, c’est la difficulté rencontrée par le Servette FC, tout au long de ces dernières années, à tenir tête au FC Bâle et à ne pas lui servir de punching-ball qui inquiétait. Comme si le jeu latin et technique genevois convenait particulièrement bien au rouleau-compresseur très physique des rhénans. La seule lueur d’espoir résidait dans le vent nouveau qui souffle aujourd’hui au-dessus des contrées grenat depuis l’arrivée du nouvel homme fort Hugh Quennec. Mais aussi dans l’aptitude du collectif grenat à exploiter à la perfection les situations de contres face à des adversaires imposant une supériorité dans la domination territoriale. Las, le miracle tant espéré ne vit jamais le jour…

Le système

Le 11 de base :

Il était évident que l’entraîneur Pereira ne modifierait pas son plan de jeu, ni l’organisation ou les repères qu’il était parvenu à ancrer ces dernières semaines, pour aborder le déplacement le plus difficile de la saison. Le 4-2-3-1 fut donc reconduit sans surprise. La question se portait davantage sur les éléments constituant le 11 de départ que sur le système proprement dit. Avec les retours de l’infatigable récupérateur Kouassi, du capitaine Pizzinat et du défenseur axial Routis, les alternatives étaient plus nombreuses que lors du dernier match à domicile face au FC Zürich. A ces apports s’ajoutait encore le retour en forme d’Esteban. Aussi, Joao Pereira allait-il apporter des changements pour apporter un nouveau souffle à une équipe en panne de créativité et de dynamisme une semaine plus tôt?

Tout pouvait porter à le croire, tant les changements effectués lors du match précédant avaient contribué à un net regain de vie dans le jeu grenat. Mais c’était sans prendre en considération l’importance qu’accorde le mentor servettien dans l’équilibre et la stabilité du groupe. Ainsi, au-delà des changements s’imposant d’eux-mêmes, Moubandje en latéral gauche pour Schlauri blessé et Pizzinat retrouvant sa place dans l’axe du milieu de terrain, seule l’alternative Routis fut adoptée pour remplacer, dans l’axe de la défense, un Roderick en baisse de forme.

La zone médiane fut à nouveau articulée autour de son fameux triangle. De Azevedo, bien que peinant à évoluer à son meilleur niveau ces dernières semaines, était aligné comme toujours en soutien de l’attaquant nominal, devant deux demis axiaux défensifs Pizzinat-Nater. Nous pouvions attendre la possible titularisation d’Esteban dans le rôle du brésilien, mais le prodige genevois fut maintenu dans un statut de joker. Sur les côtés, du classique, avec comme toujours Yartey à gauche, et le retour de Pont à droite.

Pour compléter ce 11 de départ, nous retrouvions l’homme en forme Gonzalez dans les buts et le meilleur buteur servettien Karanovic en attaquant nominal.

Les + :

Ce système avait pour objectif de créer un bloc défensif à mi-terrain pour freiner les offensives bâloises, casser le jeu et offrir des opportunités de contres. L’expérience a démontré que les servettiens affectionnent ce schéma qui leur permet généralement d’exploiter au mieux leur potentiel. Cela fut le cas en début de match, lors du premier quart d’heure. Mais, à partir du moment où les locaux s’installèrent dans la partie et trouvèrent leurs marques, cet argument vola purement et proprement en éclats.

Les – :

Pour prêter vie à ses objectifs, ce système doit être soutenu par une rigueur tactique et par un pressing constant, si possible haut dans le terrain. Or, ce dimanche, les servettiens ont clairement manqué d’engagement dans les duels défensifs. Apparemment impressionnés par la machine bâloise, trop respectueux aussi et presque soumis, ils adoptèrent une attitude bien trop attentiste et, malheureusement, bien trop reculée dans le terrain. Confondant le regroupement défensif avec l’exposition suicidaire. Dès lors, que de libertés et d’espaces accordés à des locaux disposant de tout le temps nécessaires pour imaginer, créer et dynamiter leurs offensives. Si l’ouverture du score fut tardive, le scénario n’en demeurait pas moins cousu de fil blanc, tant les possibilités rhénanes se multiplièrent aux abords de la surface grenat. Les possibilités de frappe aux vingt mètres se succédèrent toujours plus au fil des minutes d’une rencontre à sens unique. Mais les alertes sans frais ne suffirent malheureusement pas pour faire réagir les servettiens.

La défense

Au-delà de la défense proprement dit, c’est tout le travail défensif en lui-même du collectif servettien qui est à pointer du doigt. A commencer par le premier rideau défensif constitué par Karanovic, peinant à fournir l’effort nécessaire dans le replacement pour fermer les brêches et freiner les relances, et par De Azevedo, ne parvenant jamais à trouver ses marques et donnant l’impression de courir dans le vide.

C’est ensuite le secteur médian qui ne fut pas à la hauteur de la tâche demandée. Nater et Pizzinat évoluant trop bas et ne sortant pas assez au pressing sur leurs adversaires directs, amenant ainsi leur équipe à reculer trop bas et à s’exposer dangereusement aux tentatives bâloises. Sur les côtés, si Pont, fidèle à lui-même, s’époumonnait à combler les espaces, Yartey se montra bien trop insuffisant dans ses replis défensifs, offrant dès lors des espaces synonymes d’offrandes à peine rêvées pour des bâlois qui n’en demandaient pas tant.

L’idée était probablement d’ériger deux murailles servettiennes pour casser le rythme du jeu bâlois et l’empêcher de se développer. Or, les replis insuffisants et l’alignement trop bas de ce premier frein annihila cette stratégie. En effet, le FC Bâle finira par se retrouver totalement libre de ses mouvements pour se confronter non pas à deux rideaux défensifs, mais à une seule zone unique sous la forme d’une barrière fragile, située à 30 mètres des buts de Gonzalez, et surpeuplée de joueurs grenat trop passifs et trop attentistes.

Dans cette zone, seul Vincent Rüfli, décidément de plus en plus régulier, parvint à rivaliser avec les bâlois dans les duels défensifs. Le manque de promptitude dans le positionnement des deux axiaux fit le bonheur des attaquants expérimentés Frei et Streller. C’est face à une telle équipe que Moubandje se trouve confronté à ses lacunes encore existantes, notamment son inexpérience et ses largesses dans le marquage.

Le milieu

Son rendement fut largement insuffisant sur ce match. Décevante, la paire axiale Pizzinat-Nater dans l’entrejeu ne fut jamais à la hauteur. Manquant d’agressivité et de pressing, elle entraîna tout le collectif servettien à subir le jeu. L’entrée de Kouassi apporta davantage de gnac dans les duels. La présence de ce profil de joueur se révèle quaisment incontournable lorsque le Servette se trouve opposé à un adversaire largement supérieur sur le plan athlétique et physique comme l’est ce FC Bâle. Par son volume de jeu et par son engagement, Pont fut d’ailleurs le seul joueur à surnager à mi-terrain et à être capable de tenir quelque peu tête à l’opposition.

L’attaque

Karanovic parut bien esseulé à la pointe de l’attaque servettienne. Fort logiquement par ailleurs, tant les servettiens ont subi les événements et éprouvé toutes les difficultés à se porter vers l’avant tout au long de la partie. Le meilleur buteur ne parvint de surcroît jamais à trouver le bon placement entre les lignes. L’entrée d’Esteban fut à nouveau bénéfique. Le véloce attaquant amèna un soupçon de créativité et de dynamisme particulièrement bienvenu. Aussi, c’est tout le jeu servettien qui revint alors à la vie.

Le bilan

Nous pourrons regretter, sur ce match, le manque d’ambition et d’audace du collectif servettien. De toute évidence, le regroupement défensif et l’attitude attentiste du Servette, si efficaces face à certains adversaires, se révélèrent insuffisants face au FC Bâle. Les rhénans imposent un rythme et une cadence physique trop importante pour résister. Aussi, face à ce constat d’échec, ne faudra-t-il pas, lors du match retour, qui plus est à domicile et probablement au sein d’un stade garni de nombreux supporters, adopter une stratégie davantage équilibrée, tout en laissant les complexes d’infériorité aux vestiaires? Soit ne pas se contenter uniquement de subir mais s’efforcer, avec les moyens du bord, de laisser la face technique et racée du jeu servettien s’associer à un engagement physique et défensif soutenu?

Pour cela, pas nécessairement besoin de révolutionner le système 4-2-3-1 recherché par Pereira. Mais, peut-être, lui apporter les modulations nécessaires pour gagner en dynamisme, en force physique et en créativité. En privilégiant, pourquoi pas, un 11 de base qui pourrait prendre les contours suivants, dans une sorte de 4-3-2-1 plutôt inédit : Rüfli-Routis-Diallo-Moubandje / Pizzinat-Kouassi-Pont / Karanovic(à gauche) – Esteban(à droite) / Eudis. Mais n’est pas l’entraîneur du Servette qui veut (et surtout qui peut), et nous faisons entière confiance en l’expérience et au sens tactique de notre entraîneur pour trouver LA clé tactique pouvant remédier, enfin, au problème bâlois.

Le prochain match

L’affiche offrira aux supporters, ni plus ni moins, que le derby lémanique! Le contexte sera différent, l’adversaire tout autre. Mais le match se révèlera tout autant piégeux. En effet, si une défaite au St-Jakob Park répond malheureusement à une fâcheuse logique qu’il conviendrait toutefois d’enrayer au plus vite, un revers à la Pontaise ferait tâche dans le décor grenat. Les servettiens auraient tort de prendre ce déplacement à la légère. On connaît l’importance du contexte d’un derby. Les écarts se resserrent inévitablement. Aussi, il faudra que nos Grenat s’imprègnent de cet esprit si particulier et qu’ils le cultivent jusqu’à sa quintessence pour en extraire l’élan propre à les sublimer.

Ils pourront aussi se nourrir des récents propos déplacés du président lausannois, mauvais perdant et pessimiste, afin d’en puiser une énergie supplémentaire visant à lui prouver qu’un club de football professionnel autonome n’a plus que jamais sa place à Genève.

Tous ensemble ! Allez Servette!

GrenatDC

Une réflexion sur « 25ème journée : FC BASEL – SERVETTE FC : 5-0 (1-0). Le match sous la loupe »

  1. Belle analyse Grenat DC ! Dommage d’avoir encaissé ce but dans le « money-time » de la première mi-temps…

    Tous à la Pontaise dimanche !

    J’aime

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