Servette voit ses espoirs douchés par Lausanne, qui signe un hold-up (TDG, 27 Septembre 2012)

Les Grenat ont réalisé leur meilleur match de la saison. Pour rien, ou presque…

Une météo dantesque digne d’un 2 juin 1999 ou d’un 31 mai 2011: même cela ne suffit plus pour le Servette FC. Les trombes d’eau d’hier rappellant furieusement les soirs de titre national ou de promotion en Super League n’ont pas permis aux Grenat de renaître à la vie, de décrocher enfin cette si précieuse victoire qui continue de leur échapper cette saison. Les larmes du ciel, qui avaient dessiné des sourires de joie en des temps pas si lointains, se sont cette fois-ci greffées sur les visages des hommes de Sébastien Fournier, défaits 0-1 par Lausanne-Sport.

Les journées passent et le train-train des défaites continue donc laborieusement pour le SFC. Pourtant, celui-ci ne s’est pas retrouvé face à une locomotive dans la piscine du Stade de Genève. Oui, le LS a enlevé son deuxième derby de l’exercice grâce à un but du poison Chris Malonga et c’est son plus grand mérite, mais le LS n’y a pas mis la manière.

Un verdict cruel

Au contraire, ce sont bien les Servettiens qui ont été les plus entreprenants tout au long de la soirée, qui ont dominé les débats. Malheureusement pour eux, Eudis, seul attaquant nominal, a envoyé un penalty-cadeau sur le poteau à la 27e et, comme toujours, il a manqué aux Grenat ce soupçon de réalisme qui aurait pu – aurait dû – tout faire basculer. Car, excepté sur un tir de Roux détourné de… la pommette par Gonzalez (6e) et sur ce grigri de Malonga – petit pont sur Kusunga – qui a débouché sur l’unique réussite de la soirée (25e), les visiteurs n’ont jamais mis le nez à la fenêtre. Ils ont attendu, attendu et ils ont… vaincu. Ceci, il est vrai, en terminant le match en infériorité numérique (expulsion stupide de Marazzi à la 50e).

Le verdict, ce tout petit 0-1, est dur, cruel même, pour un Servette FC qui a clairement réalisé son meilleur match de la saison, attaquant sans relâche, se ménageant nombre de belles occasions. De la tête, Routis aurait pu ouvrir la marque dès la 11e minute en reprenant un corner de Lang. Deux minutes plus tard, Eudis et Kusunga – de l’occiput également – butèrent tour à tour sur Favre. Le SFC était entreprenant, joueur, volontaire, agressif. Il le resta nonante minutes durant, mais Malonga était venu doucher son enthousiasme, cent vingt secondes avant que les Servettiens ne parviennent pas à profiter du «péno» généreusement accordé par M. Jaccottet.

Vers des jours meilleurs?

Était-ce un signe que les Grenat ne marqueraient pas? On peut le croire, la poisse n’ayant par la suite jamais cessé de leur coller aux crampons. Rüfli buta sur Favre (31e), Katz repoussa devant sa ligne une tentative de Tréand (53e), alors que Routis, passé en attaque – son poste de formation à l’adolescence – à la 66e manqua de promptitude à la 71e. Enfin, la réussite de Kusunga dans le temps additionnel fut justement annulée pour une faute préalable sur le gardien vaudois. Cruel, effectivement.

Résultat des courses: Servette, qui pointe désormais à neuf points de Lausanne, a connu sa huitième défaite de la saison. Peut-être la pire tant il aurait mérité de l’emporter. C’est sa capacité (ou pas) à s’en relever qui permettra de savoir ce que cette équipe a dans les tripes. Même si son classement est affreux ce matin, le groupe genevois n’avait, hier soir, rien d’une formation de Challenge League. «Il y a des perspectives avec cette équipe, j’ai confiance en elle, je suis fier de ce que j’ai vu malgré la défaite, rassure Sébastien Fournier. Il y a deux semaines je n’aurais pas cru qu’on arriverait à ça.» Est-ce à dire que, d’ici à Noël, tout est possible?

Arnaud Cerutti

EUDIS, OU LE DÉSARROI INCARNÉ

U Au-delà de tous les questionnements, il y a des évidences qui transpirent. Le malaise grenat est trop profond pour ne pas sauter aux yeux. Prenez Eudis. Il y a quelques semaines, c’est lui qui inscrivait le superbe but de la victoire contre Bâle, pour un ultime succès en championnat qui propulsait Servette en Europa League. La dernière victoire des Grenat en Super League d’ailleurs à ce jour…

Qu’est devenu le Eudis de ce soir de mai, celui qui avait surgi pour dévier le cuir sans le moindre doute au fond des filets de Sommer? Il est aujourd’hui à l’image de l’équipe, presque le symbole malgré lui des fébrilités qui étouffent tout le contingent genevois. Oui, le Servette d’hier soir a montré d’autres intentions, une réelle envie avec beaucoup d’occasions nettes. Mais l’amer constat fige une nouvelle fois l’exercice dans la douleur avec cette nouvelle défaite.

Une douleur froide et ruisselante, qui a accompagné Eudis depuis la 27e minute. Lausanne venait tout juste d’ouvrir le score et le Brésilien avait déjà, au bout de son soulier, la responsabilité d’égaliser. Un penalty, c’est une occasion qu’un buteur ne manque pas. Et pourtant…

Le Servette d’aujourd’hui balbutie tout. Alors Eudis aussi. Il a frappé, fort, en croisant, et le ballon s’est écrasé sur le poteau. «Cela me fait mal, j’ai mal depuis ce penalty manqué, soupire-t-il. J’assume la responsabilité de ce raté et c’est d’autant plus difficile que l’équipe a fait un super match. C’est un moment très dur à vivre pour moi…» Dans son rôle ingrat d’attaquant de pointe, il aura encore tenté des choses, et même flirté une autre fois avec l’égalisation, quand il déviait un centre de Rüfli. Mais rien ne voulait sourire à Servette et à Eudis. «Le pire, c’est que si nous ne traversions pas une période tellement sombre, le penalty aurait fini en poteau rentrant. Et la tête aurait terminé au fond, sans parler d’autres occasions.»

Il quittera le terrain à la 79e, sous les sifflets de certains supporters. Il faut pourtant se souvenir que le pauvre Eudis a patienté plus d’un mois seul et sans contrat avant que Servette ne se décide à finalement à prolonger son contrat. Pendant que le reste du contingent se préparait, il courait seul, au Bois de la Bâtie. Cherchez l’erreur… «Oui, c’est dommage, explique-t-il gentiment. J’étais là et maintenant, c’est forcément un peu plus dur physiquement. Mais il faut s’accrocher. Et regarder l’aspect positif: nous avons perdu, mais il s’est passé quelque chose d’encourageant.»

C’est le lot d’Eudis et de Servette de s’accrocher à ces possibles-là. Avec dix matches et deux points au compteur, les bribes d’espoirs permettent parfois de survivre.

Daniel Visentini

7 réflexions sur « Servette voit ses espoirs douchés par Lausanne, qui signe un hold-up (TDG, 27 Septembre 2012) »

  1. formidable le changement de fournier…il a carrément cramé le petit Mbabu!!!! comment tu peux lancer un jeune dans un contexte pareil?? c’est irresponsable d’autant plus que pasche faisait un très bon match…

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    1. N’étant pas sur le banc, il est difficile de juger. Il a peut être voulu le ménager, le plus simple c’est de te rendre aux Evaux et de lui poser la question. O)))

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