Servette-Sion a fait plouf! Les raisons et les conséquences (TDG, lundi 29 avril 2013)

Le terrain n’a pas supporté la pluie. Encore un héritage du passé et d’un stade mal entretenu

TDG, lundi 29 avril 2013

Ce devait être un derby chaud, un de ces matches qu’il ne faut pas manquer, fût-il «humide» eu égard à cette vilaine pluie qui présidait à l’événement. Ce fut un grand plouf sur une pelouse détrempée. Une heure avant le coup d’envoi, la décision officielle est tombée, sans surprise en fait: après une première inspection du terrain effectuée plus tôt, M. Klossner, l’arbitre, a renvoyé la rencontre. En plusieurs endroits, le ballon ne rebondissait tout simplement plus ou alors ne roulait plus, scotché dans des flaques que la pelouse ne parvenait pas à «digérer».

Cela exige des explications. Parce que s’il pleuvait effectivement depuis la veille, cela n’avait rien à voir avec un déluge et qu’un terrain de Super League doit pouvoir absorber ce genre d’intempéries. Cela entraîne des conséquences aussi. Parce qu’il faudra fixer une nouvelle date et que dans la situation actuelle de Servette, dernier du classement, tout est délicat, même le calendrier. Petit tour d’horizon d’une soirée qui est tombée à l’eau.

1. Les raisons techniques

Plouf, plouf, plouf, clap de fin avant le coup d’envoi. La décision de M. Klossner a peut-être surpris, mais sur la pelouse, à voir le ballon se noyer dans les flaques, elle était parfaitement logique. Comment en est-on arrivé là? Comment une pelouse toute neuve depuis le Brésil-Italie, a-t-elle pu être si gorgée d’eau, incapable d’absorber une pluie vivace mais pas exceptionnelle?

En fait, la pelouse n’est pas en cause. C’est le substrat en roche volcanique, placé juste dessous, qui a posé problème. Ce substrat aurait dû permettre un drainage. Mais il est devenu trop imperméable. La raison? Il s’agit d’un héritage du passé, de l’époque Majid Pishyar pour être précis. Pendant plus d’un an, l’ex-président qui a failli conduire Servette à une deuxième faillite, ne payait plus rien ou presque. Ni ses fournisseurs, ni le jardinier du Stade de Genève. Privé de moyens, ce dernier n’a donc pas pu effectuer tous les travaux d’entretien. Il a fait ce qu’il a pu. Mais n’a pas eu la possibilité de racheter du substrat pour des opérations de «carottage» régulières.

Quand la nouvelle pelouse a été posée juste avant Brésil-Italie, il y a quelques semaines, des efforts ont été bien sûr consentis. Mais jusqu’à un certain point seulement, tout le substrat ne pouvant être à ce moment remis à neuf. C’est pour cela que le terrain n’a pu absorber la pluie. On rappellera que cette pelouse de la Praille faisait jusque-là la fierté de Genève, avant les déboires de l’administration Pishyar et un manque de moyens qui se paie cher aujourd’hui.

2. Comment corriger le tir

Si pareille pluie était tombée avant la rencontre Brésil-Italie, le même problème aurait surgi. Et c’est forcément désastreux pour la crédibilité du Stade de Genève et de son exploitant, le Servette FC. Une pierre de plus dans le jardin du contrat passé entre la Fondation du Stade et de Majid Pishyar à l’époque, un bail repris par Hugh Quennec. Une raison de plus pour renégocier les termes de ce contrat qui comporte tant de charges et qui oblige le Servette d’aujourd’hui à exploiter une enceinte pas finie, pas entretenue et percluse de charges lourdes sur lesquelles Pishyar avait fermé les yeux puisqu’il n’était pas décidé à les assumer. L’état du substrat fait partie de cet «héritage» et c’est bien de cela dont il faudra rapidement discuter vraiment, entre les autorités politiques présentes au sein de la Fondation du Stade et un exploitant – le Servette FC de Quennec – qui subit les conséquences de tout cela.

En attendant, il faut trouver des solutions. Et Hugh Quennec le sait bien. «On veut organiser de grands matches ici, on attend par exemple Suisse-Chypre le 8 juin, et on ne peut pas imaginer un renvoi, ce serait inacceptable, lance le président. Si Genève doit être à un niveau d’excellence mondial, ce qui s’est passé ce soir ne doit pas se produire. Je vais donc demander une expertise au spécialiste de la Swiss Football League pour les terrains. Il est basé à Genève, cela tombe bien. Je veux une analyse afin de voir ce que l’on peut faire.»

Cela passera par de nouveaux carottages, qu’il faut doser, rien n’est simple actuellement, parce qu’il faut malgré tout ménager le substrat qui pose problème. Et dans un futur plus lointain, tout sera refait à neuf, avec nouveau substrat, puisque la SFL imposera dans un an l’obligation d’avoir des pelouses chauffantes. Une obligation qui concerne la Super League. «Mais quoi qu’il arrive, c’est quelque chose que nous devrons faire pour fournir les meilleures conditions», précise déjà Quennec.

3. Quid des billets?

Ce Servette-Sion a été renvoyé. On connaîtra ce matin la date à laquelle le match doit se rejouer (lire ci-contre) . Tous les billets qui ont été vendus ou achetés en prélocation restent valables pour le prochain Servette-Sion. Le cas échéant, les personnes qui ont acheté un billet, mais qui ne pourront pas être là le jour du match, seront remboursées.

Pour ceux qui avaient des invitations, comme dans le cadre de l’opération lancée par la Tribune de Genève qui avait réservé tout le secteur G, ces invitations non-remboursables restent bien sûr valables.

Daniel Visentini

Le derby le 22 mai?

U La réponse officielle tombera ce matin de Muri, le siège de la Swiss Football League. Servette et Sion sauront vers 10 heures quand le match sera fixé. Et cette date n’aura rien d’anodin pour les Grenat en particulier.

La première idée était de faire rejouer cette rencontre mercredi soir. Elle se heurte à plusieurs problèmes. Déjà, le temps pluvieux prévu: rien ne permet d’affirmer que le terrain aura pu être «récupéré» en trois jours, surtout s’il pleuvait encore. Ensuite, il y a le souci du centre commercial (il doit être fermé bien avant le coup d’envoi) doublé d’une soirée de Ligue des champions qui oblige à jouer tôt (18 h 30). Trop d’incertitudes?

En l’état, tout porte à croire que ce Servette-Sion renvoyé pourrait se jouer le mercredi 22 mai. Une date lointaine en raison du calendrier chargé de semaines anglaises. C’est un véritable sprint final qui attend les Grenat, eux qui auront donc un match en retard par rapport à Lausanne.

C’est depuis hier sans doute la seule équipe à viser dans la course au maintien. Lucerne a en effet battu Bâle, pendant que les Vaudois s’égaraient une fois de plus, à Berne contre Young Boys. Jouer ce match en retard le 22 mai comporte des avantages et des désavantages.

Avantages Avec un Barroca incertain (épaule) et Rüfli et Kossoko blessés, les Grenat bénéficient, avec le renvoi d’hier, d’un peu plus de temps pour soigner ces bobos. De plus, si Lausanne devait continuer à perdre et si Servette réussissait malgré tout à se rapprocher, les Grenat auraient alors un potentiel de trois points à disposition, presque «en plus», sans que le LS ne joue ce jour-là. Cela peut être intéressant, pour autant que les Genevois arrivent à gérer l’enchaînement des matches dans une fin de saison qui ressemblera à un sprint affolant, avec en moins d’un mois huit matches à jouer.

Désavantages Dans un monde idéal, Servette aurait pu battre Sion hier, ou alors ce mercredi. Il serait donc revenu à trois points des Vaudois. Ce possible impact psychologique a été balayé par la pluie. Lausanne a perdu, c’est vrai, mais garde six points d’avance sur les Servettiens. De plus, les Grenat devront affronter un Sion qui aura sans doute récupéré de son côté Lafferty et Margairaz, ainsi que Gelson Fernandes qui était suspendu samedi.

Bref, pour Servette, tout est toujours entre parenthèses.

D. V.

3 réflexions sur « Servette-Sion a fait plouf! Les raisons et les conséquences (TDG, lundi 29 avril 2013) »

  1. Lucerne a certes battu Bâle, mais en l’état du classement on ne peut pas affirmer que l’équipe est sauvée de la relégation, malgré le nouvel élan insufflé par Alex Frei et le nouvel entraîneur.

    Certes Lausanne est peut-être l’adversaire le plus prenable, mais Lucerne reste donc à surveiller.

    A Servette de trouver son propre second souffle dans des circonstances où les héros potentiels ne seront pas prêts d’être oubliés le cas échéant. ABE – allez Servette !

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    1. Cette victoire de Lucerne contre Bâle m’étonne quand même . Ils étaient vraiment fatigués du match précédent ou un coup de main pour faire remonter les lucernois? Bizarre !

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