Servette échappe à la relégation (seconde partie)

Super-Servette et EDS copie

Suite et fin de notre tremblotante virée dans les heures sombres où le Servette FC où le club avait sportivement le couteau sous la gorge…

1980-1981 : un gros ressac

Après une décennie où les Grenats sont allés crescendo, la chute est brutale au début des années 1980. Plusieurs pions essentiels sont partis (Barberis, Andrey, Engel…) et leurs successeurs peuvent difficilement être à la hauteur. Le mois de septembre se solde par des résultats lamentables : défaites en championnat, en Coupe d’Europe et même en Coupe de Suisse contre Martigny. Le président Cohannier passe alors la main et Carlo Lavizzari reprend le club. Personne ne pense sérieusement que Servette puisse tomber en LNB, il n’empêche que la situation est périlleuse. Au printemps, l’actualité des Grenats est rythmée par les annonces d’éventuels gros transferts pour la saison à venir. Il reste toutefois à assurer le maintien dans l’élite. Le samedi 5 avril, Servette accueille Chênois pour un derby placé sous le signe de la peur : en cas de défaite, les Grenats risquent bien de plonger jusqu’à vers la place de relégable. Finalement, grâce à deux buts en l’espace de trois minutes de Mustapha, ancien joueur de Chênois et seul transfert réussi, Servette s’impose 3-1, et respire. Le CS Chênois, en revanche, n’a pu éviter le couperet. Servette allait pouvoir entamer sa belle cavalcade de la décennie 1980.

1989-1990 : l’opération commando de Ruud Krol

A l’issue de la décennie 1980, la flamme du duo Lavizzari/Tornare s’est éteinte. Dominique Warluzel reprend le flambeau et installe Peter Pazmandy sur le banc. Devant composer avec une équipe profondément chamboulée, riches en individualité mais manquant d’esprit de corps, le « Genevois de Budapest » ne peut éviter de figurer, à la fin de l’automne, en-dessous de la fatidique barre de la huitième place qui, depuis la saison précédente, condamne quatre équipes de l’élite aux oubliettes d’un tour de promotion-relégation avec les meilleures formations de LNB. Un départ raté au printemps lui vaut d’être remplacé par le Hollandais Ruud Krol qui, avec sa poigne, inculque aux Grenats un système de jeu solide qui leur permet de se tirer d’affaire. Dans un climat de rififi à la tête du club, les réussites du prometteurs espoir Kubilay Türkyilmaz (14 buts) n’auront pas été de trop…

La détresse du valeureux Pascal Besnard lors du match couperet à Tourbillon, photo : www.teamreporters.ch
La détresse du valeureux Pascal Besnard lors du match couperet à Tourbillon condamnant les Grenats au tour de promotion-relégation, photo : Teamreporters

1994-1995 : du titre à la relégation ?

Titré en mai 1994, Servette voit ensuite ses internationaux Ohrel et Grassi partir à Rennes et l’entraineur Petkovic doit alors composer avec une équipe foisonnant de jeunes talents peinant à trouver leurs marques et l’absence d’un véritable buteur capable d’exploiter les services de José Sinval. A l’issue du tour préliminaire, Servette n’a empoché que la maigre bagatelle de 19 points en 22 rencontres. Dixième, il prend le chemin du tour de relégation. En mars, Bernard Challandes remplace Petkovic. Par petites touches, il redonne confiance à un effectif traumatisé par cet échec imprévu. L’arrivée de l’ex-international français Stéphane Paille bonifie le compartiment offensif des Grenats. Après avoir frôlé le pire, ils obtiennent une quatrième place synonyme de maintien in extremis dans le tour de promotion-relégation en battant Young Boys lors de l’avant-dernière journée grâce à des buts de Sébastien Barberis et Renato.

Le coup de rein salvteur d’Oliver Neuville lors du match du sauvetage contre Young Boys, photo: www.teamreporters.ch
Le coup de rein salvteur d’Oliver Neuville lors du match du sauvetage contre Young Boys, photo: Teamreporters

1996/97 – Un passage de témoin sur fond  de sinistrose

Les Grenats entament la saison avec ce vieux briscard Vujadin Boskov comme entraineur. Sa poigne de fer ne suffit toutefois pas à motiver une équipe où ne figurent désormais plus les grandes figures d’Oliver Neuville ou Marco Pascolo. Une place en Coupe d’Europe est l’objectif mais après un  tour de qualification faiblard, Servette  pointe au neuvième rang et est condamné aux embûches d’un nouveau tour de relégation, malgré les buts de Cyrille Pouget (9) et Luca Ippoliti (8). En raison de sa santé de plus en plus fragile, il devient impossible pour le président Weiller de poursuivre son mandat. Il noue alors un contact prétendument décisif avec Canal+  et remet la présidence à son représentant Michel Denisot. Guy Mathez est engagé comme entraineur dès janvier. Le tour de promotion relégation est entamé pied au plancher et, sans coup férir, les Grenats restent dans l’élite en concluant cette saison de transition typique à la première place.

2008-09 : Cela peut-il encore être pire ?

Victime d’une relégation administrative en février 2005, le club grenat végète désormais en Challenge League. Avant le début de la saison, Viñas préside encore le club mais un certain Majid Pishyar est aux aguets. Engagé in extremis comme entraineur, l’ex-joueur Sauthier est une solution bouche-trou.  D’emblée, Servette s’effondre : 1 points en 7 matchs ! Le président Viñas démissionne alors tout en provisionnant jusqu’à la fin de la saison le salaire d’un nouvel entraineur : Gérard Castella. Servette obtint ses premières victoires en Coupe et en championnat et à la fin des matchs aller, grâce à deux victoires, est de peu au-dessus de la barre. Le démarrage en 2009 est de nouveau laborieux. Avec seulement 4 points en six matchs et sans la moindre victoire, Castella est relevé de ses fonctions. Comme lors du premier tour, Servette ne marque pas. De nombreux nuls et de courtes défaites amènent Servette à un rang de relégable. William Niederhauser, jusque-là responsable des juniors, prend le relais. La série de matchs ennuyeux avec des nuls et des défaites continue. A quatre journées de la fin, c’est Servette qui a obtenu le moins de victoires (4) mais aussi le plus de nuls (10) de toute la Challenge League. Une courte victoire à la maison contre La Chaux-de-Fonds permet d’espérer à nouveau. Puis il y eut un exploit à  Lugano ! Servette fête une victoire contre le candidat à la promotion grâce à un pénalty de Tréand à l’ultime minute. Ce sauvetage sportif est encore conforté par la non-attribution de la licence à La Chaux-de-Fonds et Concordia Bâle qui disparaissent de Challenge League.

2012-2013 : le contre-coup d’une faillite évitée de peu

Dans une Super League réduite à dix équipes, les places sont plus chères qu’autrefois ! Miné par les séquelles d’une saison rocambolesque où son président avait disparu dans la nature laissant toutes les factures en souffrance, le Servette FC aborde sa seconde saison dans l’élite de manière catastrophique. Scotchés au dernier rang quasiment depuis le début, les Grenats doivent attendre novembre pour enfin fêter un succès. L’intronisation de Sébastien Fournier comme entraîneur au mois de septembre avait permis de colmater certaines brèches mais à la pause hivernale, le SFC accuse six points de retard sur l’avant-dernier. C’est indéniablement le pire parcours de l’Histoire du club… jusqu’à présent !

Bilan

A la relecture des deux volets de cette chronique, on ne peut être qu’une fois de plus frappé par l’immense pérennité du Servette FC au plus haut niveau du football suisse. Si l’on excepte l’épisode malheureux de la faillite de 2005, non seulement le club n’a jamais été relégué mais de plus il n’a que très exceptionnellement été en position délicate au classement. En 1931, il avait certes fallu un match de barrage aux Servettiens pour sauver leur peau mais cette fâcheuse situation était le fruit d’une sanction extra-sportive. Les épisodes contés par la suite ne montraient que Servette en danger d’être dans une position de relégable. Il est vrai qu’à 14 équipes, l’élite offrait plus de marge. La onzième place finale de la saison 1967-1968 aurait aujourd’hui des conséquences fatales. Ce n’est finalement qu’avec la formule Rumo, introduite en 1988, que le danger de relégation s’est fait plus pressant : seules les huit meilleures équipes jouaient pour le titre, les quatre dernières bataillaient, elles, contre la relégation. Tant en 1989-1990 qu’en 1994-1995, le SFC était très directement concerné par la relégation puisqu’il occupait une position de relégable à l’issue des premières journées avant de se ressaisir au moment opportun. La lamentable saison 2008-2009 figure aussi parmi les saisons se limitant à un crispant combat contre la culbute et quelques similarités avec la saison actuelle existent…

 

La semaine prochaine : Servette étrille GC pour fêter son titre

Dernière chronique : Servette échappe à la relégation (première partie)

3 réflexions sur « Servette échappe à la relégation (seconde partie) »

  1. Voilà, voilà, voilà, on en est là, et ce n’est pas drôle…
    Servette a toujours su rebondire au dernier moment. En sera-t-il de même cette fois-ci?
    Maintenant, ce sont les joueurs et l’entraîneur qui ont la parole, et ce n’est pas le moment de mollir en se laissant abattre par les critiques qui déferlent sur l’équipe (joueurs et staff) comme la vérole sur le bas clergé… Allez Servette, de bleu, de bleueeee!!!

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :