Dangereuse nostalgie !

BLB 13 nuances de blues

Le dernier album du Beau lac de Bâle évoque feu les Charmilles et d’anciens joueurs grenat au détour d’une chanson. Petite excursion musicale pour se dégourdir les jambes…

Le Beau lac de Bâle, depuis 40 ans, et même si on a raté les premiers arpèges pour cause de séjour intra-utérin, on connait : sur fond de gros rock qui tâche bien, apparait une ribambelle de personnages tous aussi loufoques les uns que les autres, bref ça déconne sec.

Le nouvel opus du groupe calé dans mon lecteur CD, j’opte d’emblée pour la plage 12 « dangereuse nostalgie » censée évoquer le doux souvenir de nos joueurs préférés. Surprise : les choeurs se sont tus, le batteur reste coi, point de refrain à vous filer le tinnitus et avec des accents villonniens, John Cippolata nous offre une ballade dans la Genève d’antan. Même si on peut ricaner de son goût pour le Cénovis, on saisit bien que la chanson n’a pas pour objet qu’on se fende la poire. Au fil des accords, Cippolata égrène tous ses repères perdus : exit Swissair, exit le journal La Suisse, exeunt les cinémas de quartier, le petit Jacob, le Grand Passage, exit la bande-son sixties des Stones, des Shadows et des Beatles, exeunt les exploits en grenat de Pfister et Barberis, exit les Charmilles.

Au fil de l’album sépia des souvenirs, la Genève actuelle se dessine en creux : multiplexes envahissants, centres commerciaux uniformes, le prêt-à-porter made in Asia en boutique, les compagnies low cost qui squattent Cointrin et Servette en Challenge League dans son carcan de béton de la Praille.

Sans pousser l’exégèse trop loin, que songer du passage de l’enseigne Torre, plus grand magasin de disques de Suisse en son temps, sous la coupe d’un groupe aux produits électroménagers au design métallisé de pierre tombale ? Le contenu y a cédé sa place au média, à l’objet de consommation…

Mais qu’y faire ? Se vautrer dans la nostalgie, souhaiter revivre les grandes heures du passé, c’est déjà un peu devenir un vieux schnock conclut la chanson. A méditer !

Dans sa version bout du lac, cette chanson est venue titiller des neurones que le Quartier latin de Léo Ferré, le Sirop de la rue de Renaud ou la Ruelle des morts de Thiéfaine avaient déjà caressés.

Dans le restant de l’album par contre, ça déconne sec comme de coutume. Les amateurs de football noteront la plage 5  « Röstigraben ». 30 ans après le fameux « Dégage ! » ?? qui avait fait d’un Servette-Young Boys le prélude à une aventure nuptiale contrariée par le ballon rond, on retrouve la casaque salamandre des Bernois associée à une ébauche de flirt, à tel point qu’elle semble décidément être au BlB ce que le balcon des Capulet était à Shakespeare. Tout à sa fixation névrotique pour le club de la capitale, Cippolata voit son désir s’enflammer pour une avenante rousse enturbannée façon mayonnaise Thomy dans le caviar. Les choses pataugent un peu, puis partent carrément en quenouille lorsque les inévitables gouttes de pluie fédérales viennent ruiner un torride plan spätzli. Insuffisamment versé dans les subtilités patoisantes d’Outre-Sarine, Cippolata se retrouve gros-jean-comme-devant, incapable de saisir ce que lui susurre sa ravissante rouquine, et peut-être en est-il mieux ainsi…

Les déboires avec les représentantes du beau sexe servent aussi de trame à un « prélude de Bach » où le BlB flatte le snobisme palato-guttural des Romands dans la prononciation des idiomes teutons et envoie l’infortunée Maurane valser dans les cordes de son dictionnaire des rimes !

De même, Cinq jours met en scène un pauvre hère abandonné par sa moitié et finalement, parmi ses bonshommes éreintés par l’éternelle ingratitude femelle, un seul gaillard tire son épingle du jeu : le Don Juan abonné Unireso et son tram 17 toujours ponctuel (la ligne du tram 17) !

Malgré ses 37 nuances de retard sur E. L. James, le BlB nous offre aussi sa plage d’érotisme diffus (« elle fait ça bien ») dans une atmosphère rétro-féministe qui navigue allégrement entre le calendrier paysan et Betty Bossi.

Concluons notre promenade à la Brévine (mourir à la Brévine), fanal indépassable de tous les écoeurés du climatoscepticisme en nage sous l’effet de serre. Son refrain entêtant : « Et quand ça caille à la Brévine, 38 degrés en-dessous de zéro, loin des canicules assassines, je suis enfin bien dans ma peau ! » rend aussi follement neu-neu à la seconde écoute que les inoubliables « va promener le chien… » ou « petit pays, petits soucis »

Merci BlB, merci !

Amitiés

Germinal Walaschek

 

Une chronique portant sur le BlB en lien avec le SFC :

Allez voir Servette-Young Boys et trouvez-y votre âme soeur sans crainte que Mustapha ne gâche votre nuit de noces !

19 réflexions sur « Dangereuse nostalgie ! »

      1. Comme le fait que tu pinailles avec la rouquine qui va te mettre un gros hat trick dans la gueule samedi!!!!

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      2. Et après c’est moi qui suis monomaniaque. Roux un hattrick ? Merci de m’avoir fait rigoler. Ca lance parfaitement mon weekend en me mettant de bonne humeur.

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  1. excellente idee qu’un concert dans ce carcan de beton!
    Proposons cette idee et offrons au BLB une experience VIP pour le prochain SFC-Bienne.

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  2. Bonsoir les Eds !
    Petite question: pourquoi vous organisez plus les sondages d’avant-match pour faire la compo d’équipe ?

    Bonne soirée

    Jerem

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    1. C’est Obra qui s’en occupe. Et là il voyage entre l’Inde, la Chine, le Japon, Paris et Amsterdam. S’il n’y a pas le sondage de la compo, c’est qu’il n’a pas eu le temps de le faire…

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  3. Pas mal le descriptif du BLB, Germinal. Moi qui suis nostalgique, çà me fait plaisir.
    Je sens que ça va être dur pour les nerfs ce soir…….
    Je tremble déjà.
    Mais si les VD on battu le « grand » Wohlen, pourquoi pas
    nous ?
    Allez……On s’accroche et on y croit.
    Tous au stade pour soutenir nos Grenat.
    HOP SERVETTE !

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  4. « Les Grenats caracolent en tête de la LNA avec 10 victoires en autant de rencontres (mais ils viennent de se faire éliminer en coupe : latitude 46° 13’N, longitude 7° 22’E).

    J’ai comme une vague idée de la destination en question. Je peux même dire qu’il s’agissait du jour de la Toussaint et que le SFC menait logiquement de deux longueurs à la mi-temps. Avant qu’un certain Franco Cuccinota, pur produit sédunois devenu persona non grata du côté des Charmilles, ne retourne la rencontre. Prélude à notre 4ème victoire en coupe de Suisse.

    Le SFC s’était vengé par l’entremise d’un autre Valaisan, un pléonasme me direz-vous, en championnat en s’imposant à Tourbillon grâce à un but de Geiger, qui avait été expulsé un mois plus tôt.

    Je ne suis plus capable de me rappeler des résultats de la saison passée, l’âge sans doute. Pourtant je n’ai même pas besoin d’aller compulser quelque document que ce soit pour me projeter plus de 30 ans en arrière et me souvenir de tous ces détails fidèlement.

    Autre époque, autres émotions, autres sensations.

    Merci à toi Germinal de faire remonter à la surface ses réminiscences, quel que soit le dénouement, et de nous faire partager toujours aussi finement et subtilement tes sentiments et impressions.

    Bravo !

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    1. Tu me rappelles des souvenirs bien cruel Thierry,
      j’étais a Tourbillon ce jour la,le 2a0 a la mi-temps pour
      nous,qui se termine en défaite 3a 2,dur a avalé,
      Heureusement j’avais rencontré au matche des supers
      sympas supporters de Sion,je confirme cela existe.
      On avait bu des bières ensemble après le matche,
      le retour a Genève avait été mieux digérer,autre temps
      autre époque.

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      1. J’étais également au match, et lorsque j’étais rentré en train, celui-ci ne s’était pas arrêté à St-Maurice, comme indiqué, et j’avais échoué à Montreux ! Pendant le trajet il y avait 2 Genevois d’une cinquantaine d’années assis en face qui refaisaient le match…

        Ah souvenirs souvenirs…

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      2. J’espère qu’on aura l’occasion de s’en reboire une ensemble, histoire de partager un bon moment et quelques bonnes vieilles anecdotes.

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      3. -Avec plaisir Thierry,mais hélas des Sfc-Sion je n’en voit
        pas dans un futur immédiat plutôt dans un futur très très
        lointain…..Pour moi cela serait un plaisir de te rencontrer
        auprès d’une bonne bière et d’échanger nos anecdotes
        de vieux combattant,Une dernière pour la route,en Avril
        87 je suis au fin fond du Brésil,je sais que ce joue au
        même moment la demi-finale a Tourbillon Sion-Sfc.
        Après bien des difficultés j’arrive a téléphoné en Suisse
        a mon frangin qui suit le matche a la tv,il me dis 1a 0 pour Sion il reste 2 minutes,tout a coup un cri Schnyder
        vient d’égaliser.Même avec le temps j’ai tout cela au fond
        de ma tête comme si c’était hier,pour la petite histoire
        le matche a été rejoué a Genève,on avait gagné 3a1.
        Bon on va arrêter les anecdotes des vieux papys,et
        peut être dans le futur on pourra développer tout
        cela auprès d’une bonne bière.
        Salut!

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