Les quatres trophées de 1979 pour votre Noël…

Ce n’est pas tous les jours Noël et ce n’est pas non plus tous les jours qu’on décroche quatre titres en une saison. C’est pourtant ce qu’ont réussi les Servettiens de la mythique cuvée de 1979. Une belle page de souvenirs à savourer sous le sapin…Malgré une belle saison 1977-1978 sur le plan comptable (deuxième place en championnat et victoire en Coupe), Servette est accusé de trop jouer en marchant. Dans la foulée de la Coupe du Monde en Argentine et profitant de la retraite de Marchi, l’entraîneur Peter Pazmandy promet un football rythmé et offensif, où la vitesse, s’appuyant sur la technique, sera l’élément décisif. Martin Chivers est malheureusement reparti en Angleterre mais avec les arrivées du Hollandais Piet Hamberg et du jeune Luganais Angelo Elia ainsi que la maturation de Franz Peterhans, l’attaque servettienne est a priori mieux étoffée que lors de la saison précédente. On attend aussi le retour progressif de Joko Pfister dont la blessure avait si gravement prétérité l’efficacité des Grenats. On va voir ce qu’on va voir !

Et de un ! 

En juillet 1978, Servette est déjà bien en jambes. Strasbourg, futur champion de France, est mâté aux Charmilles puis Nice connaît le même sort. Servette s’incline ensuite contre les Azuréens met va chercher sa qualification pour la finale en Alsace en disposant du Strasbourg de Gilbert Gress (2:4). En finale, face à un Lausanne-Sports de Miroslav Blazevic inexistant, Servette inflige 4 buts au pauvre Eric Burgener et remporte ainsi sa quatrième Coupe des Alpes le 15 août 1978 !

Et de deux !

Après avoir éliminé Etoile Carouge, La Chaux-de-Fonds et Chênois, Servette reçoit Grasshoppers aux Charmilles à l’enseigne de la demi-finale de la Coupe de la Ligue pour le premier match après la pause hivernale. Les deux formations s’apprêtant à disputer un quart de finale en Coupe d’Europe, elles se montrent prudentes, n’affichant pas la hargne qui caractérise en général ce type d’affrontement légendaire. Après 90 minutes, les core était nul et vierge et dans le froid des prolongations, c’est Servette qui l’emporte 3:1 grâce à des réussites de Peterhans, Bizzini et Elia. En finale, Servette bat Bâle au Stade Saint-Jacques et même si cette victoire a été acquise après les coups de pied au but, elle est méritoire car en championnat, Servette n’a plus gagné chez les Rhénans depuis 14 ans… Les Grenats remportent ainsi leur deuxième Coupe de la Ligue le 5 mai 1979 !

Gilbert Guyot, un capitaine comblé

Et de trois !

Dauphins du champion à l’issue des trois saisons précédentes, les Servettiens partent avec les faveurs de la cote même si un championnat n’est jamais acquis d’avance. Ils doivent patienter jusqu’à la neuvième journée pour devenir leaders grâce à une victoire aux Charmilles contre le leader Young Boys et son anachronique football de coups bas. Quelques semaines plus tard, privés de Barberis, les Grenats s’inclinent à Saint-Gall et permettent aux Brodeurs de s’installer en tête du classement. Lors de l’ultime journée avant la trêve hivernale, Servette accueille le leader Zurich et une victoire lui permettrait de basculer en pole-position. La partie est plaisante et Servette croit tenir son os grâce à l’ouverture du score par Weber mais Zappa égalise à trois minutes du terme pour le plus grand désarroi des 12 500 spectateurs.

La pause hivernale est l’occasion de recharger les batteries usées par les différentes compétitions et aussi pour le buteur Hamberg de retrouver peu à peu… une vision normale. Blessé par un pétard, le sympathique Hollandais souffre en effet d’une déchirure de la rétine. Le Sédunois Coutaz, venu finir ses études de médecine à Genève rejoint l’effectif. Un camp d’entraînement en Algérie est annulé à la dernière minute et les Grenats s’envolent finalement pour Israel.

Au printemps, en battant d’emblée Lausanne puis Nordstern, Servette bascule en tête. Patatras, une défaite à Berne permet à Zurich de repasser devant. Le FCZ s’accrochera à cette position et début avril, lorsque s’achève le tour préliminaire, Servette a deux points de retard …puis plus qu’un, après la division des points… et ensuite un d’avance après une magistrale victoire tactique au Letzigrund pour l’entame du tour final. Seule équipe romande en lice pour le titre, Servette enchaîne les victoires contre les Alémaniques de façon ininterrompue. A deux journées du terme, des buts de Bizzini et Seramondi permettent de gagner au Wankdorf tandis que GC bat le FCZ et c’est ainsi que Servette, qui gagnera encore ses deux derniers matchs dont celui à Bâle (!) malgré la gueule de bois de ses joueurs, remporte magistralement son quatorzième championnat le 13 juin 1979.

Et de quatre !

Bertine Barberis, un homme-clé du collectif servettien (première finale de la Coupe contre YB)

L’aventure avait commencé dans un traquenard : Servette n’avait disposé de la modeste formation de La Rondinella que grâce aux largesses d’un arbitre mal inspiré. Les Servettiens allaient toutefois se montrer dignes de la chance qui leur avait été impartie. Le week-end de l’Escalade, les Grenat se qualifient sans encombres à la Fontenette. Au printemps, Servette enclenche le turbo en fin de match : des réussites de Weber et Barberis dans les dix dernières minutes permettent d’éliminer Nordstern puis Piet Hamberg signe un doublé (dont une tête plongeante) dans les cinq dernières minutes contre Xamax pour un joli retournement de situation (victoire 3:2). En finale, Servette devra s’y reprendre à deux fois pour prendre le dessus sur Young Boys. Empruntés, les Grenats, favoris, ne peuvent imposer leur jouerie. Il faudra rejouer le match. Qu’importe : la deuxième manche sera somptueuse. La force collective des Grenats conduisant au but de Weber puis le talent individuel des buteurs Barberis et Hamberg permettent à Servette de fêter sa cinquième Coupe de Suisse le 20 juin 1979.

Gilbert Guyot, un capitaine toujours comblé

Quelques arrêtes dans la dinde

La sureté de Karl Engel dans les buts, l’assurance d’une défense de vieux briscards : Guyot, Trinchero, Bizzini et Valentini, la flamboyance d’un milieu de terrain composé du catalyseur Bertine Barberis, du toujours incisif Marc Schnyder, et du virtuose Didi Andrey secondés par le tout jeune Guy Dutoit pour les tâches défensives et enfin le punch d’une attaque où Joko Pfister a mis son talent au profit de partenaires juvénile et perfectible : Elia, Weber, Peterhans et surtout Hamberg, meilleur buteur de l’équipe ont offert au public des Charmilles et d’ailleurs un spectacle chatoyant tout au long de l’année. On ne se formalisera pas de la défaite en finale de la Coupe Philips contre YB, par contre les regrets sont toujours vifs d’avoir échoué (à cause du but encaissé à la maison !) contre le futur finaliste Fortuna Dusseldorf en quarts de finale de la Coupe des Coupes… Joyeux Noel quand même !

Saurez-vous reconnaitre les joueurs ? Et les coupes ?

Encore un mot pour rejoindre les préoccupations actuelles : malgré le football pétillant offert par les Servettiens, la moyenne de spectateurs aux Charmilles avoisinait seulement les 9 000 personnes. A l’extérieur par contre, Servette était de loin l’équipe ayant attiré le plus de monde dans les stades. Il est vrai que le public des Charmilles n’avait à l’afiche que des équipes le plus souvent recroquevillées en défense…

Pour faire durer le plaisir : voir la vidéo des deux finales de Coupe

La semaine prochaine : L’histoire du XXème siècle en neuf leçons avec les joueurs du SFC

Dernière chronique : Majid Pishyar n’a pas pris part à la Course de l’Escalade…  

Jacky Pasteur et Germinal Walascheck

16 réflexions sur « Les quatres trophées de 1979 pour votre Noël… »

  1. Un beau souvenir,le matche retour a Nancy était en direct
    sur tv française.Commenter par Thierry Roland et,,,Platini,
    qui heureusement était bléssé pour cette double confrontation
    contre le Sfc.Les grenats avaient été couverts d’éloges par
    les deux commentateurs,Après ce matche,quand on se
    baladait en France avec une voiture qui avait un auto-collant
    du Sfc,c’était très agéable d’entendre-félicitations,il joue bien
    le Servette de Genève-,nostalgie ……..

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    1. A ce propos un souvenir; en début de saison 80-81 on pouvait lire un article de 2 pages dans Onze ou Mondial sur notre cher club, le présentant comme un ambassadeur de beau foot.

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  2. Comme tu le dis Germinal,le seul regret c’est l’élimination
    en quart de coupe d’europe contre le Fortuna.Quand
    on voit que la demi aurait été contre des tchéques,on
    peut se dire qu’on aurait put être le premier club suisse
    en finale d’une coupe d’europe.Et en finale a Bâle,le
    Fortuna n’a perdut que 4a3 contre le Barca,arrêtons la
    car hélas l’histoire on ne peut pas la réécrire.

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    1. Salut Joel, bon Noel à toi aussi !
      J’ai volontairement pas trop parlé de la Coupe d’Europe car j’ai l’espoir que bientôt on pourra faire des chroniques sur ce thème en lien avec l’actualité… c’est la période des voeux, non ?

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  3. Effectivement cela me rappelle des bons souvenirs..car je suis arrivé en Suisse le 26 octobre 1979 venant de Kinshasa (R.D.Congo) pour faire des études d’économie à l’Université de Fribourg. Et comme SFC survolait le championnat suisse, je suis naturellement devenu un « servettien » même si je n’ai jamais vécu ni habité à Genève mais un habitué des Charmilles.
    En 2011, je suis resté un inconditionnel de Servette FC. Pourvu que ça dure!
    SFC for ever!!!!

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  4. Un grand merci de nous faire revivre les moments magiques de cette fabuleuse saison 1978/1979.

    Joyeux Noël (c’est limite…) et bonne année.

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